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«Tout le monde ensemble»: un beau message d’espoir

Marie-Josée R. Roy

Se donner la main (au sens figuré!) pour se dire à l’unisson que 2020 sera bientôt derrière, que le Québec a été courageux dans le tumulte de la pandémie et qu’il faut garder espoir: voilà l’appel que lançait le grand spectacle «Tout le monde ensemble», que présentaient lundi les quatre chaînes généralistes.

Il faut des circonstances exceptionnelles comme une pandémie pour que les quatre grands réseaux de télévision d’ici (TVA, ICI Télé, Télé-Québec et Noovo) s’unissent pour festoyer au même rythme.

À l’initiative du gouvernement québécois, pour pallier l’interdiction de rassemblements familiaux pour les fêtes de fin d’année, KOTV produisait lundi l’émission spéciale réunissant à peu près tout ce que le Québec compte de chanteurs, où on a interprété autant du Bleu Jeans Bleu que du Ginette Reno.

L’événement était présenté en direct de l’espace Yoop, à la Place des Arts, qui a permis à une poignée de spectateurs de participer virtuellement au happening.

Le public était d’ailleurs loin d’être accessoire dans le concept; il a été souvent sollicité pour de courts hommages ou des jeux. On a notamment souligné des anniversaires, celui d’un petit garçon de cinq ans et un autre d’une dame de 96 ans, et on a invité les gens à montrer leurs animaux de compagnie.

Le spectacle était pour tout le monde, comme l’affirmait son titre, et on a tenu parole.

Chanter le confinement

La soirée s’est ouverte sans flafla, avec le mot de bienvenue des quatre animateurs, représentants des quatre chaînes, Jean-Philippe Dion, Véronique Cloutier, Pierre-Yves Lord et Marie-Lyne Joncas.

«Ce soir, on veut juste faire la fête avec vous autres!» a annoncé Jean-Philippe Dion, alors que sa collègue Marie-Lyne Joncas nous promettait, pour les 90 minutes suivantes, «juste des chansons qu’on adore chanter».

Véronique Cloutier, quant à elle, a juré que ses camarades et elle se tenaient bien à deux mètres. «Tout a été mesuré», a-t-elle précisé.

Le quatuor d’hôtes s’est lancé dans un récit de la dernière année de confinement, entrecoupé d’extraits de pièces livrés par Ludovick Bourgeois, Mélissa Bédard et Guylaine Tanguay.

«Envoye à maison», «Faut pas que j’panique», «Soirs de scotch», «Moi j’mange», «Sauvez mon âme», «Maudit bordel»... on a revécu avec amusement tous nos états d’âme des derniers mois.

Lumière et tendresse

On a rapidement compris que «Tout le monde ensemble» célébrerait dans la bienveillance et la tendresse, et qu’on laisserait à d’autres les blagues baveuses ou grinçantes. Lumière, plaisir et solidarité étaient les mots d’ordre.

Les bons moments se sont multipliés. Le «plus grand karaoké du monde» de Debbie Lynch-White et Benoît McGinnis a revisité les classiques du genre («J’irai où tu iras», «Voyager sans toi») et a entraîné l’apparition de Marie-Denise Pelletier sur «Tous les cris, les SOS», de Boom Desjardins sur «Juste pour voir le monde» et d’une Martine St-Clair en grande forme sur «On va s’aimer».

Dans une capsule vidéo, Vincent Vallières et Émile Bilodeau ont défilé sur un char allégorique, poussant la note dans les rues de Magog. Depuis Moncton, Lisa LeBlanc a exhibé son personnage de Belinda, grande passionnée de bingo.

L’acclamé quintette Silver Foxes (Roch Voisine, Patrick Norman, Sylvain Cossette, Bruno Pelletier et Jeff Smallwood) a cassé la baraque en s’appropriant «I Won’t Back Down», de Tom Petty, tandis qu’Ariane Moffatt s’est épanchée dans un doux numéro piano-voix.

Le tout s’est conclu avec la significative «Rester debout», de Richard Séguin, au terme des bons vœux des animateurs pour le passage à la nouvelle année, et après que Mes Aïeux eut modifié des paroles de son classique «Dégénérations» pour les adapter à l’époque.

«Éteins pas ta tivi, pas le choix de rester encabané», entonnerons-nous désormais en chœur... pour encore quelques semaines, du moins.