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L'Amérique Centrale en crise: les dons se font attendre

Un mois et demi après le passage de deux ouragans dévastateurs en Amérique centrale, l'aide internationale continue de se faire attendre. C'est notamment le cas au Honduras, où les besoins sont criants. 

Dans ce pays de moins de 10 millions d'habitants et dans lequel plus du quart de la population est désormais dans le besoin, les dons internationaux pour les sinistrés sont beaucoup plus difficiles à amasser en période de pandémie.

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Les conséquences sont dramatiques, puisque l'Amérique centrale se relève péniblement de l'une des pires catastrophes naturelles de son histoire. 

Eta, ouragan de catégorie 4 et Iota, de catégorie 5, ont durement frappé le Honduras et le Guatemala. Ces sinistres ont entraîné des glissements de terrain, des inondations et des commerces détruits. Les dommages sont estimés à plus de 1,8 milliard$ au Honduras.

«Je n'ai jamais vu ça en 14 ans. Deux ouragans en 10 jours de différence, s’est exclamé le directeur de terrain pour la Fondation SOCODEVI au Honduras, Serge Lantagne. 

AFP

«Le niveau des rivières a triplé. C’est du jamais vu, même avec Mitch. Le pays a perdu à peu près 50% de la production de maïs et autour de 70% de la production de fèves.» 

«Ils vivent de l’agriculture, donc quand la récolte est détruite, c'est une perte de revenus, rappelle le coordonnateur de la Fondation SOCODEVI, Pedro Rodriguez. Puis il y a toute la question de l'insécurité alimentaire qui entre en jeu, parce que ce sont des gens qui sont déjà défavorisés et qu’il y a une pandémie. 

«En plus, il y a deux ouragans qui leur tombent sur la tête, c'est vraiment épouvantable! 

La COVID passe en deuxième

Les conséquences des ouragans ont mis la pandémie en deuxième plan et les répercussions se font sentir dans ces deux régions. 

«Dans la zone nord, on a plus de 250 000 personnes évacuées dans des centres d'hébergement, explique M. Lantagne. On parle de centres d'hébergement qui n'ont pas toutes les conditions en temps de COVID, de biosécurité. 

«On est en train de voir en ce moment qu'il y a une augmentation dans la quantité de cas de COVID.» 

AFP

L’ONG de Québec tente tant bien que mal d'amasser des fonds pour aider les populations éprouvées. 

«C'est toujours difficile d'amasser des dons quand il s'agit de l'international, admet M. Rodriguez. En temps de pandémie, les gens sont plus portés à donner à des organismes locaux.»

Selon ce dernier, près de 60 000$ seront envoyés sur le terrain pour permettre aux habitants de réparer les toits des maisons, les murs et l'accès à l'eau potable. 

La campagne de financement de SOCODEVI se poursuivra après les Fêtes. Un appel à la solidarité est lancé.