/news/world

Twitter et Facebook suspendent temporairement le compte de Trump

Agence France-Presse

Les réseaux sociaux dominants ont tenté mercredi d'empêcher Donald Trump et ses partisans d'exacerber les violences au Capitole contre la certification des résultats de la présidentielle, Twitter allant jusqu'à bloquer le compte du président sortant et à le menacer de suspension permanente, une mesure sans précédent.

La plateforme, qui d'ordinaire se contente de masquer ou d'ajouter des avertissements aux messages du milliardaire républicain, a cette fois supprimé trois tweets, dont une vidéo où il appelait ses partisans, en train de prendre d'assaut le Capitole, à «rentrer chez eux», mais où il déclarait aussi sans preuve que l'élection avait été «volée».

• À lire aussi: Le Capitole de nouveau sécurisé après avoir été envahi par des manifestants

• À lire aussi: Biden implore Trump de «cesser le siège»

«Le compte de @realDonaldTrump sera bloqué pendant douze heures après le retrait de ces tweets. Si ces tweets ne sont pas retirés, le compte restera bloqué», expliquait le réseau sur son compte dédié à la sécurité.

Facebook et YouTube (Google) ont aussi retiré cette vidéo. Le premier a temporairement suspendu le compte de Trump pour 24h.

«C'est une situation d'urgence et nous prenons des mesures d'urgence appropriées, y compris le retrait de la vidéo du président Trump (...) qui, au final, contribue au risque de violence au lieu de le diminuer», a expliqué Guy Rosen, un des vice-présidents de Facebook, en charge de l'intégrité de la plateforme.

Les échanges étaient enflammés mercredi sur les réseaux sociaux, où la manifestation et l'invasion du Capitole ont été relayées en direct.

Les entreprises tech californiennes ont tenté de parer au plus pressé, mais ont été largement critiquées pour leur lenteur qui a parfois été perçue comme de la complaisance par une partie de la société civile.

De nombreux observateurs accusent les plateformes d'avoir laissé le président sortant et ses partisans violents organiser leur rassemblement grâce à leurs services.

«Nos équipes travaillent pour enlever rapidement toutes les vidéos en direct et autres contenus qui enfreignent nos règles, y compris ceux qui incitent à la violence ou montrent des images de violence», a commenté le porte-parole de YouTube Alex Joseph dans un courriel à l'AFP.

Twitter a aussi indiqué qu'il réduisait la portée des messages encourageant les actes violents au Capitole.

AFP

Ces tweets «ne pourront pas être retweetés ou "aimés", et on ne pourra pas y répondre», a précisé le réseau social qui avait déjà pris de nombreuses mesures pour encadrer les échanges pendant une élection sous tension.

Des centaines de manifestants favorables au président sortant Donald Trump ont envahi le Parlement américain dans un climat insurrectionnel, interrompant la session du Congrès qui devait confirmer la victoire de Joe Biden.

«Hey Mark Zuckerberg, Jack (Dorsey), Susan Wojcicki et Sundar Pichai - Donald Trump a provoqué une attaque violente contre la démocratie américaine», a tweeté le comédien engagé Sacha Baron Cohen, interpellant les patrons de Facebook, Twitter, YouTube et Google.

«Est-ce enfin assez pour que vous agissiez?! Il est temps de bannir Donald Trump de vos plateformes une fois pour toutes», s'est-il insurgé dans son message, illustré d'une photo d'un manifestant paradant dans le Capitole avec un drapeau confédéré, considéré comme un symbole raciste.

Facebook a publié un communiqué pour détailler les mesures prises mercredi. Guy Rosen s'y dit «horrifié» par les événements du jour et explique que ses équipes ont cherché et retiré tous les contenus appelant de près ou de loin à la violence.

Le géant des réseaux sociaux venait déjà d'interdire les publicités à caractère politique concernant les élections partielles en Géorgie, déterminantes pour le contrôle du Sénat. C'était l'une des mesures phares de la plateforme, à l'échelle nationale, pour tenter d'empêcher certains groupes politiques de jeter de l'huile sur le feu dans la foulée des élections début novembre.