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Peu d’espoir pour les restaurateurs et tenanciers

Clara Loiseau | Journal de Montréal

La lumière au bout du tunnel s’éloigne de plus en plus pour des propriétaires de bars et de restaurants qui ne peuvent plus recevoir de clients depuis presque 100 jours.

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«En octobre, on était entre 900 et 1000 cas par jour; et là, on avoisine les 3000 cas par jour. Le gouvernement vient d’annoncer quatre semaines, mais moi je n’y crois pas. Ça va être huit, ça va être 12, peut-être 16 ! Les restaurateurs, on ne va peut-être pas rouvrir avant avril, voire mai», pense Martin Guimond, propriétaire de la brasserie Le Saint-Bock, situé à Montréal.

Comme lui, plusieurs propriétaires ne pensent pas rouvrir avant plusieurs mois.

Pour Pierre Thibault, président de la Nouvelle association des bars du Québec, l’annonce du gouvernement, qui consiste à mettre en place un couvre-feu et à garder les salles à manger et les bars fermés, est un nouveau coup dur pour l’industrie, mais elle est importante pour soutenir les travailleurs de la santé.

«C’est sûr que c’est difficile, mais on se prépare depuis début décembre. On s’attache au 1er mars. On pense que c’est la date où les bars vont pouvoir rouvrir avec plus ou moins de restrictions, donc personne n’est pris par surprise», soutient-il.

Soulagement  

Cependant, les restaurateurs ont été soulagés d’apprendre qu’ils pourront continuer leurs activités de livraison jusqu’à la fermeture de l’établissement, et de commandes à emporter jusqu’à 19 h 30.

Mais ce n’est pas ça qui va permettre aux restaurants de survivre, explique Guilaine Duchesne, propriétaire du Resto Végo, sur la rue Saint-Denis à Montréal.

«C’est une bonne nouvelle, mais ce n’est pas avec ça qu’on vit. C’est plus pour rester vivant auprès de la clientèle et garder mes employés. Ça représente seulement 10% du chiffre d’affaires», affirme-t-elle.

Mathieu Ménard, copropriétaire des bars le Blind Pig et le Minéral, à Montréal, abonde dans le même sens. 

Il exhorte aussi le gouvernement à faire baisser les commissions pour les entreprises de livraison comme UberEats, Doordash et Skip, qui prennent 30% de chaque vente.

«Le prochain bon coup du gouvernement, ce serait de se positionner et mettre en place les mêmes réglementations qu’en Ontario par exemple [en baissant la commission à 15 %]», estime M. Ménard.

Subvention  

Selon François Meunier, vice-président de l’Association des restaurateurs du Québec, déjà plus de 2000 restaurants ont fermé leurs portes depuis le début de la pandémie.

Pour Peter Sergakis, président de l’Union des tenanciers de bars du Québec, 75% de l’industrie risque de ne pas réussir à survivre.

«C’est vraiment catastrophique pour nous, les restaurateurs et les propriétaires de bars. Nos membres pleurent, on souffre tous les jours. On a besoin de subventions, ça presse, sinon on va tous fermer», déplore Peter Sergakis.