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Pas de libération avant 25 ans pour le meurtrier Ugo Fredette

Michael Nguyen | Journal de Montréal

Le meurtrier Ugo Fredette, coupable des meurtres de sa conjointe puis d’un aîné lors de sa cavale avec un enfant, vient d’écoper de la prison à vie sans possibilité de libération avant d’avoir purgé au moins 25 ans entre les quatre murs d’un pénitencier, et non 50 ans tel que le demandait la Couronne.

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«Il ne sera jamais plus libre comme il l’était avant les meurtres», a commenté la juge Myriam Lachance avant de condamner l’assassin, ce matin au palais de justice de Saint-Jérôme, tandis que Fredette était présent par visioconférence du pénitencier de Port-Cartier, où il est présentement détenu.

Fredette, 45 ans, a été déclaré coupable en octobre 2019 de deux meurtres au premier degré survenus deux ans plus tôt. Lors de la journée fatidique, il a d’abord tué sa conjointe Véronique Barbe dans la résidence familiale de Saint-Eustache, en la poignardant 17 fois. Tout ça car il ne supportait pas la rupture du couple.

Il a ensuite enlevé un enfant de 6 ans pour prendre la fuite, durant laquelle il a tué un aîné afin de lui voler sa voiture. Le meurtrier s’est débarrassé du corps d’Yvon Lacasse dans un boisé des Laurentides, toujours en compagnie du petit qui a été témoin des homicides.

« Les vies des proches de Mme Barbe et de M. Lacasse sont bouleversées, ils vivent un chagrin qui pèse lourd dans leur quotidien », a dit la juge en soulignant les témoignages encensant les deux victimes.

La cavale s’est terminée en Ontario, à la suite d’un important déploiement policier.

Pas 50 ans     

Pour le procureur de la Couronne Steve Baribeau, Fredette méritait d’écoper de la prison à vie, sans possibilité de libération avant d’avoir purgé 50 ans, soit 25 ans pour chacun des meurtres. C’est qu’en vertu de la loi en vigueur à l’époque, les peines pour meurtre pouvaient être cumulatives.

Or, la Cour d’appel a invalidé cette loi lorsqu’elle s’est penchée sur le cas d’Alexandre Bissonnette, le responsable de la tuerie de la mosquée de Québec. Ainsi, la juge a décidé d’imposer une peine minimale de 25 ans, tel que le demandait Me Louis-Alexandre Martin de la défense.

« La chose la plus sage que vous pouvez faire, selon nous, c’est de faire confiance à la Commission des libérations conditionnelles [pour évaluer le dossier] dans 25 ans », avait-il plaidé.

Mais même si Fredette sera éligible à une libération conditionnelle en 2042 [il est détenu depuis 2017], cela ne veut pas dire que sa demande sera acceptée, puisqu’il devra montrer patte blanche durant sa détention.

Et même s’il obtient le droit de sortir de prison, il sera suivi par les autorités carcérales, et ce jusqu’à sa mort. Fredette est toutefois en procédure d’appel, dans l’espoir d’obtenir un nouveau procès.