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À un jour du couvre-feu, les refuges pour sans-abri presque saturés

Sauf exception, les Montréalais seront cloîtrés dès 20h, samedi soir, lorsqu’entrera en vigueur le couvre-feu décrété par Québec. Mais qu’en est-il des sans-abri?

Le dossier fait couler - à travers la province, certes - beaucoup d’encre, surtout dans les milieux urbains, comme Montréal, où l’achalandage des refuges frôle le point de saturation.

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«Nous sommes environ à 95 pour cent de la capacité, donc un jeu de cinq pour cent, ce n’est pas beaucoup, a expliqué la mairesse Valérie Plante, vendredi, sur les ondes de LCN.

«Ne sachant pas à quoi ressembleront les prochains jours (avec le froid et le couvre-feu), je vous dirais qu’il reste des lits, mais il n’en reste pas beaucoup...»

La mairesse Plante assure toutefois que la Ville est proactive dans ce dossier pour que la mesure draconienne du couvre-feu ne suscite d’autres problèmes.

«On est déjà en préparation pour ouvrir de nouveaux lieux. On ne veut pas que les gens soient à l’extérieur.»

Pas de bilan précis  

En novembre dernier, avec le campement Notre-Dame qui résistait dans l’Est de la ville, quelque 6000 personnes se trouvaient en situation d’itinérance à Montréal en pleine pandémie. Deux mois plus tard, la mairesse peine à dresser le bilan précis de personnes sans domicile fixe dans la métropole.

«Parfois, pendant l’hiver, le nombre peut parfois changer. Des gens peuvent décider d’être en couple. Je pense entre autres à des femmes qui vont dire "je préfère être en couple même si je n’ai pas une super bonne relation" pour ne pas être à la rue l’hiver.

«Plein de facteurs comme ça peuvent jouer. On pense quand même qu’on n’est pas passé (de 6000) à 3000 en quelques mois. Ç’a certainement augmenté.»

En ce qui est de l’efficacité d’un couvre-feu, la mairesse souhaite que les Montréalais fassent les efforts nécessaires afin que la situation revienne à la normale dans le réseau hospitalier.

«C’est extrêmement préoccupant de voir le nombre de lits atteindre sa pleine capacité, admet-elle. Si le réseau hospitalier n’arrive plus à suivre, c’est là qu’il y aura des choix qu’on ne veut pas faire. 

«Le message, c’est que même si on est fatigué, essoufflé par la COVID, il faut absolument donner toute notre énergie collectivement. On ne sait pas qui la COVID peut frapper.»