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Pandémie : un médecin lance un défi à Carey Price

TVA Nouvelles

Après un relâchement généralisé dans l’application des consignes sanitaires dans la population, de nouvelles voix devront s’élever afin de convaincre les Québécois de la pertinence des mesures du gouvernement.

C’est l’avis du chef de l’unité des soins intensifs de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ), Dr Mathieu Simon, qui a même interpellé le gardien de but des Canadiens de Montréal, Carey Price.

«Je mettrais au défi Carey Price de dire “regardez, je porte un masque, je me contrains aux mesures sanitaires, faites pareil”, lance-t-il. J’ai l’impression que les gens qui regardent Carey Price le voient comme une figure déterminante. Je parle de M. Price, mais il y a un paquet d’autres acteurs sociaux qui auraient le pouvoir de faire comprendre à la société que ce n’est pas juste une affaire de politiciens et de docteurs.»

Photo d'archives, Martin Chevalier

Car même si la pandémie dure depuis près d’un an, il reste un important travail de sensibilisation à faire. Le Dr Simon raconte qu’un patient lui a même affirmé la semaine dernière qu’il ne savait pas ce qu’était la COVID-19. 

«Je ne sais pas sur quelle planète il faut que tu vives pour ne pas savoir ce que c’est que la COVID», lâche-t-il.

Déjà, l’impact des rassemblements des Fêtes se fait sentir dans les hôpitaux. Certaines familles sont éplorées après avoir pris la décision d’ignorer les consignes de la santé publique.

«À l’intérieur d’une famille comme celle-là, il y a beaucoup de culpabilité, note le Dr Simon. On peut tout essayer pour tenter de réconforter ces gens-là, mais en même temps, dans notre arrière-pensée, on se dit que ce n’est pas comme si on ne leur avait pas dit.»

Un couvre-feu «nécessaire»     

Devant la gravité de la situation dans les hôpitaux, la décision du gouvernement d’imposer un couvre-feu de 20 h à 5 h est «nécessaire», juge le Dr Simon.

«En l’espace d’un mois, le nombre de patients atteints de la COVID-19 aux soins intensifs a doublé. On est à un épisode de doublement d’aller en mesure de débordements et en protocole d’attribution de lits de soins, avec des choix qui vont être excessivement difficiles», dit-il.

Il observe une «déconnexion» entre la réalité du personnel de la santé et la population, ou du moins une importante fraction de celle-ci, à qui on est obligé d’imposer des mesures encore plus restrictives.

«Alors que dans le système de santé, on s’apprête à dire à des gens qu’on n’a plus les ressources pour les traiter correctement, il y en d’autres qui se disent qu’ils ne sont plus capables de vivre sans voir leur mère ou leurs chums, regrette-t-il. Il y a un déséquilibre complet entre les libertés individuelles et les considérations plus sociétaires, qui permettent ces libertés.»

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