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Une nouvelle pause café

Marc-André Lemieux | Journal de Montréal

Près de 10 ans après avoir quitté l’antenne, Caméra café revient à TVA. Nous avons profité des tournages des nouveaux épisodes pour discuter avec quelques-uns des acteurs qui feront partie de l’aventure.

ÉTIENNE LOU JOUE PHÉLIPPE-ALEC-ANDRÉ CARRIER (Le comptable)

Caméra café

Photo courtoisie

Son personnage :

« Phélippe ne travaille pas vraiment ; il pose. C’est un millénial. Il est très politisé, très conscientisé. Il prend beaucoup de causes à cœur... Peut-être trop. Il lance des trucs comme : “Il faut absolument recycler au bureau !” Mais quand vient le temps d’agir, il est incapable. Il est super dramatique. Il juge beaucoup les générations précédentes. Il fait la morale aux plus vieux. Il passe son temps à dire qu’il est capable de faire mieux, mais il n’a rien accompli encore. »

La nouvelle version de Caméra café :

« Les sketches montrent à quel point la société a changé en 10 ans. J’ai regardé la première saison de Caméra café quand j’ai obtenu le rôle. L’humour a clairement vieilli. C’était beaucoup : “Les filles, c’est de même ; les gars, c’est de même.” Aujourd’hui, on parle des différents enjeux de société : la diversité, l’environnement... Les textes sont forts. Ça paraît qu’ils ont ajouté des voix à l’équipe d’auteurs. Il y a toujours une part d’humour colon qui fait rire, mais il y a aussi beaucoup d’humour intelligent. »

Son expérience de travail de bureau :

« Aucune ! J’ai travaillé en restauration. Et j’étais assez malheureux. »

Comment il prend son café :

« Je n’en prends pas. Ça me donne des palpitations. Ça me donne le goût de mourir ! »

MARIE-SOLEIL DION JOUE MAUDE OUELLET (La réceptionniste)

Caméra café

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Son personnage :

« Maude, c’est l’air bête du bureau. C’est un truck. C’est aussi le personnage qui représente le public. Comme Carrie dans Sex and the City. Les personnages qui gravitent autour sont extrêmes. Ils disent des énormités. Maude, c’est le gros bon sens. C’est la moins fofolle. Mais elle est vraiment le fun à jouer parce qu’elle est raide avec tout le monde. Elle écœure les gens. Elle est super cynique. Elle croit qu’elle mérite mieux. Elle est réceptionniste depuis trois ans, mais elle dit que c’est “en attendant”. Son vrai but, c’est d’être chanteuse. C’est différent de tout ce que j’ai joué jusqu’à présent. Surtout physiquement. J’ai un look un peu plus garçon. J’ai un toupet, des lunettes... Je ne suis pas maquillée. C’était très confrontant au début ! En tant que femme qui vieillit, quand j’ai vu les premières images, quand je me suis vue sans maquillage, j’ai fait : “Oh boy !” Mais c’est le personnage. Maude s’en sacre. Elle n’est pas du tout dans la séduction. »

La nouvelle version de Caméra café :

« En 10 ans, il s’est passé beaucoup de choses. Surtout au cours des deux dernières années. L’humour a changé. Il y a des choses qu’on ne peut plus dire. Il y a des blagues de l’ancien Caméra café qui ne passeraient pas. Et c’est correct. Il y a 10 ans, c’était drôle. Mais plus aujourd’hui. On ne renie pas ce qui a été fait. Il faut juste évoluer et vivre dans notre époque. »

Comment elle prend son café :

« Noir avec un peu de lait d’avoine. »

ANNE-ÉLISABETH BOSSÉ JOUE VICKY LÉVESQUE (L’éducatrice en garderie)

Caméra café

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Son personnage :

« Vicky ne travaille pas au même étage que les autres. On lui laisse les enfants au rez-de-chaussée. C’est la dernière personne à qui tu voudrais les confier. Elle est très, très irresponsable. C’est une fille de party qui recherche l’amour. Elle perd son temps continuellement. Elle est très... Je n’ai pas envie de dire “niaiseuse”, donc je vais dire qu’elle a une très belle candeur. Les personnages sont vraiment intéressants à jouer. Ils sont tous des archétypes savoureux. C’est le fun de s’envoyer la balle. »

Ses souvenirs des premières saisons de Caméra café :

« Étonnement, je n’en ai pas beaucoup ! Et pourtant, j’ai regardé la première série ! Ça doit être parce qu’on s’est vraiment approprié le projet. On a fait notre affaire. »

Les tournages en pandémie :

« On s’adapte à tout. Les lunettes, les masques, la distanciation... On s’y fait. C’est comme avoir un gros sac à dos rempli. Tu finis par l’oublier. Quand on va nous l’enlever, on va faire : “Yes !” Mais aussi longtemps qu’on doit l’avoir, on fait avec. »

Comment elle prend son café :

« Je prends un café au lait d’amande. Pas trop de lait. Pas trop amer. Sans sucre. »

DIDIER LUCIEN JOUE JEAN-MARC JOSEPH (L’avocat)

Caméra café

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Son personnage :

« Jean-Marc, c’est quelqu’un qui paraît bien, mais c’est une coquille vide. C’est le fun tant qu’il n’a pas parlé ! C’est un gars qui aimerait être le maître du monde. C’est un individualiste. Il serait prêt à vendre sa mère pour avancer. Je n’ai jamais joué quelqu’un d’aussi narcissique, quelqu’un qui prend sa place comme ça. Et qui parle en absolu. Il ressemble à certains politiciens qu’on connaît. C’est intéressant à explorer, comme psyché. »

La nouvelle version de Caméra café :

« Le décor n’indique pas nécessairement la comédie. C’est celui d’un vrai bureau qui peut exister. Comme celui dans The Office. Les costumes sont aussi réalistes. La comédie, elle naît dans les mots. Le manque de savoir des personnages est hallucinant ! »

Les tournages :

« L’ambiance est super bonne. On tournait des scènes de party de Noël, et c’était facile à jouer. Parce qu’on s’entend tellement bien qu’on avait l’impression que c’était un vrai party. On s’est pris au jeu. »

Son expérience de travail de bureau :

« Aucune. J’aurais beaucoup de difficulté à m’asseoir au même bureau chaque jour. Ce n’est pas quelque chose qui marcherait pour moi. »

Comment il prend son café :

« Noir avec deux sucres. »

SYLVIE LÉONARD JOUE FRANCINE RINGUETTE (Service à la clientèle)

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Son personnage :

« Francine, c’est un personnage coloré au niveau costumes, coiffure et même comportement. Sa jovialité est contagieuse. Elle participe à tout. Elle parle sans arrêt de choses qui n’ont aucune importance. C’est une bonne personne. Elle n’a aucune malice. Mais elle est d’une incompétence crasse. Elle s’occupe des réseaux sociaux, mais elle n’y connaît rien. J’ai énormément de plaisir à jouer ça. J’ai toujours voulu être actrice pour jouer des personnages qui sont loin de moi. Et avec Francine, j’ai gagné le gros lot. C’est du dur à battre. On est complètement ailleurs. À côté d’elle, Madeleine dans Lâcher prise, c’était quasiment moi ! »

La nouvelle version de Caméra café :

« Je n’ai pas regardé la première mouture de Caméra café. Seulement des petits bouts. Mais on aborde des thèmes de manière différente parce qu’effectivement, la société a changé. On parle des personnes trans de manière différente aujourd’hui. On voit la diversité de manière différente... »

Les tournages :

« Ça va vite, mais c’est très, très agréable. C’est vraiment une bulle rafraîchissante. Le métier d’acteur, c’est fait pour être exercé en gang. Se retrouver en gang à jouer des textes hilarants, ça fait du bien. Tout roule. Et pour ce qui est des consignes sanitaires, on apprend à vivre avec. »

Comment elle prend son café :

« Mon café le matin, c’est sacré. Je prends un expresso allongé avec du lait mousseux. Assez noir. Pas de café filtre pour moi. »

JOSÉ GAUDET JOUE RICHARD MATHIEU (Le concierge)

Caméra café

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Son personnage :

« C’est un beau fou ! Il passe ses nuits à regarder des vidéos de conspirations sur internet. Il pense qu’il y a des micro-puces dans le café pour nous contrôler. Il pense que la Terre est peuplée de reptiliens qui peuvent lire nos pensées. C’est un gars très, très, très intense. C’est un genre de mononcle que t’es gêné de suivre sur Facebook, mais il reste attachant parce qu’il est divertissant. Ses prises de position sont tellement arrêtées. Il est tellement convaincu qu’il est presque convaincant. Mais personne n’adhère à ce qu’il dit. »

Les tournages :

« J’adore ça ! C’est épuisant ! Je n’ai jamais autant ronflé de toute ma vie. Quand j’arrive chez moi, je suis tellement fatigué ! Je suis lessivé ! Mais c’est une des affaires les plus stimulantes que j’ai faites depuis longtemps. C’est un nouveau défi pour moi. C’est comme un sport d’équipe. Chacun doit connaître son texte, ses déplacements, rester à distance les uns des autres... »

La nouvelle version de Caméra café :

« Les auteurs sont jeunes et dynamiques. Ils s’inspirent de tout ce qui se passe autour d’eux. La technologie, les réseaux sociaux, le non-genré, ce qu’on n’a pas le droit de dire, les relations hommes-femmes au travail, #MeToo... Ça influence beaucoup le contenu. »

Comment il prend son café :

« Noir. Mon café préféré, c’est l’expresso allongé noir. »