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La mesure extrême du couvre-feu fonctionnera-t-elle?

TVA Nouvelles

La mise en place du couvre-feu et des nouvelles mesures de confinement ne devraient pas avoir un impact avant deux semaines dans la province, et ce, seulement si les Québécois les respectent. 

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«La marine américaine, les Chinois, les Néo-Zélandais, les Australiens ont montré qu’avec des mesures comme celles-là quand elles sont suivies, on peut venir à bout d’un pic pandémique au bout de quatre à six semaines», a assuré le Dr Mathieu Simon, chef de l’unité des soins intensifs de l’IUCPQ à Québec en entrevue au Québec Matin, dimanche.

Toutefois pour y parvenir, il faut respecter fidèlement les consignes, ce qui n’a pas été le cas au Québec pendant le temps des Fêtes notamment, à la lumière des données quotidiennes de la COVID qui paraissent ces jours-ci.

«L’important ce n’est pas tant ce que le gouvernement décide, c’est ce que les citoyens vont accepter de faire. Malgré les amendes et les contraintes, on n’est pas dans un État policier. Les gens peuvent très bien trouver les moyens de contourner ces mesures-là. C’est ce qui m’inquiète : si tu n’es pas capable de renoncer à des contacts sociaux que tu considères réguliers... je ne sais pas où on en est rendus en termes d’implication sociale», se questionne le Dr Simon.

Le COVID-19 a tué au cours des derniers mois plus de 8600 Québécois. 

«C’est trois fois plus que le cancer du poumon, cinq fois plus que le cancer du sein. C’est incroyable de voir que ce message-là ne se transmet pas à la partie de la population qui décide d’agir comme si de rien n’était», se désole-t-il.  

Il juge que l’individualisme très présent dans notre société, une bonne chose en temps régulier, permettant la liberté sous toutes ses formes, dont la liberté d’expression, devient néfaste en ces temps de pandémie. 

«On a forgé au cours des dernières années une société qui est de plus en plus forgée sur l’individu. [...] En temps de pandémie, on a besoin d’une collectivité plus solide que ce qu’on a présentement. Dans le temps des Fêtes, 40% à 50% des gens ont décidé d’agir comme si de rien n’était. C’est un manque de respect et une insouciance, mais c’est surtout l’expression d’un individualisme poussé à l’extrême. Le danger, c’est que si on continue à ne prendre que les libertés, il y a des règles qui vont apparaître, comme le confinement. On ne veut pas que ça persiste plus tard», conclut-il.   

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