/news/coronavirus

Soirée calme dans les épiceries et pharmacies

Xavier Dumont, commis dans un dépanneur Couche-Tard de Québec, a servi plus de 20 clients en 15 minutes avant le début du couvre-feu

Photo Jérémy Bernier

Xavier Dumont, commis dans un dépanneur Couche-Tard de Québec, a servi plus de 20 clients en 15 minutes avant le début du couvre-feu

L’ambiance était calme dans les épiceries quelques heures avant le couvre-feu alors que certains redoutaient cohues et files d’attente de dernière minute en raison des heures réduites. 

« C’était pas mal plus vide qu’autre chose. Je m’attendais à ce qu’il y ait une petite file d’attente », s’est étonnée Mathilde Montambeault, une cliente venue faire ses emplettes de dernière minute à l’épicerie Metro de la rue de l’Église, à Montréal.

Partout au Québec, les commerces doivent fermer leurs portes à 19 h 30 afin de s’arrimer au couvre-feu. Cela inclut les épiceries et les dépanneurs, ce qui faisait craindre un certain engorgement.

« À l’heure du souper, on a eu plus de monde, l’achalandage était plus condensé à ce moment, mais sinon c’était comme à l’habitude », explique Alexandre Langlois, gérant du IGA Poulin, sur le boulevard Wilfrid-Hamel, à Québec. 

« De façon générale, ça a été très calme. On est très contents du comportement des Québécois. Ils ont été sages », confirme Jean-François Belleau, porte-parole du Conseil canadien du commerce de détail. 

Comme plusieurs employés interrogés sur le terrain, il a l’impression que les consommateurs se sont assurés de faire leurs emplettes plus tôt dans la journée. 

Alcool de dernière minute

Des dépanneurs ont tout de même eu un « rush » de vente de tabac et d’alcool juste avant que 20 h ne sonne. C’est le cas du Couche-Tard situé à l’angle des boulevards Pierre-Bertrand et Wilfrid-Hamel. 

« Entre 19 h 30 et 19 h 45, il y avait plein de monde qui venait en acheter. En 15 minutes, j’ai eu 20-25 clients juste pour ça alors que j’en ai un aux cinq minutes habituellement à cette heure-là », laisse entendre le commis, Xavier Dumont. 

Le Journal est allé passer la première heure du couvre-feu au Pharmaprix du chemin de la Côte-des-Neiges, de Montréal, les pharmacies étant les seuls commerces exemptés de fermeture, avec les stations-service.  

Alors que presque toute la ville dormira, cette pharmacie sera la seule de la métropole à être ouverte 24 h pour répondre aux urgences pendant le mois de couvre-feu.

Surtout des ordonnances

Une dizaine de clients se sont présentés entre 20 h et 21 h, dont plusieurs qui se dirigeaient directement vers le comptoir des ordonnances. 

C’est le cas de Ezzoubi Ouassil, 21 ans, qui finissait de travailler à 20 h et qui venait chercher un médicament pour une bronchite. Interrogé par Le Journal, il s’est dit plutôt zen de circuler après le couvre-feu en affichant bien sa facture. 

Nabil Chick, du Pharmaprix du chemin de la Côte-des-Neiges, à Montréal, tient la seule pharmacie qui était ouverte 24 h sur 24 à Montréal lors de la première soirée du couvre-feu.

Photo Dominique Scali

Nabil Chick, du Pharmaprix du chemin de la Côte-des-Neiges, à Montréal, tient la seule pharmacie qui était ouverte 24 h sur 24 à Montréal lors de la première soirée du couvre-feu.

En temps normal, une cinquantaine de clients seraient passés dans le commerce pendant la même période, estime Nabil Chikh, pharmacien-propriétaire. Il s’attend à voir surtout des parents de jeunes enfants pris de fièvre ou en manque de couches. 

Reste qu’un client croisé par Le Journal à l’extérieur semblait peu informé des règles entourant le couvre-feu. 

« Je suis venu acheter de quoi à manger », a-t-il avoué candidement.