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Boucherie Huot: la sécurité n’était pas respectée du tout

Kathleen Frenette | Journal de Québec

Boucherie

JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

Près d’un an après avoir subi leur procès, l’ancien propriétaire de la Boucherie Huot et son fils, Bernard et Carl Huot, ont été reconnus coupables de négligence criminelle causant des lésions corporelles. 

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Le 10 novembre 2016, Olivier Bouchard, nouvellement employé à l’entreprise de la Rive-Sud, s’est retrouvé la tête et le bras coincés dans un hachoir à viande, ce qui a laissé au jeune homme de lourdes séquelles. 

Au procès, le poursuivant, Me Marc Gosselin, avait déposé une vidéo sur laquelle on voyait le jeune Bouchard monter sur un escabeau et tomber tête première dans l’appareil muni d’une vis sans fin qui sert à broyer la viande.

Plusieurs témoins avaient mentionné à la juge Annie Trudel que l’appareil, qui a littéralement aspiré la victime, était «fonctionnel, mais non sécuritaire», et ce, depuis le mois de novembre 2014. 

De plus, un électricien appelé à la barre avait mentionné à la Cour avoir dû contourner le système de sécurité pour faire fonctionner l’appareil, qui était défectueux.

«Dans le manuel du fabricant, il est recommandé [de] demander que des essais journaliers soient effectués afin de s’assurer que la machine se mette automatiquement en arrêt dès l’ouverture du couvercle», a rappelé la présidente du tribunal, en ajoutant que cette pratique n’était assurément pas respectée à la Boucherie Huot. 

«Cette modification rendait le fonctionnement de la machine particulièrement dangereux pour l’utilisateur et contrevenait aux règles fondamentales de sécurité», a-t-elle ajouté. 

Invraisemblable

Revenant sur les témoignages du père et du fils, la présidente du tribunal a souligné que Bernard Huot semblait imputer la faute «à tous sauf à lui», et elle a qualifié le témoignage de Carl Huot «d’invraisemblable». 

«Plusieurs employés ont témoigné qu’ils savaient depuis longtemps que certains appareils étaient défectueux et aucune consigne ne leur a jamais été donnée», a-t-elle souligné.

Elle a également rappelé que les employés qui étaient engagés à la boucherie n’avaient aucune formation, se contentant d’agir par mimétisme. 

«Cela fait donc en sorte que les nouveaux employés répètent les mauvaises façons de faire». 

Les deux hommes seront de retour devant la cour en février pour les observations sur la peine.