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Le mariage de mineurs n’est pas si rare au Canada

Agence QMI

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Dénoncé à l’étranger, le mariage de jeune de moins de 18 ans est plus fréquent que ce qu’on pourrait croire au Canada, selon une étude de l’Université McGill.

Plus de 3600 actes de mariage ont été émis pour des mineurs de 2000 à 2018 au pays. Il s’agit habituellement d’adolescentes qui se marient à un époux beaucoup plus âgé. Les jeunes nés au Canada sont un peu plus susceptibles de se marier avant l’âge adulte que ceux nés à l’étranger.

Au Québec, 590 certificats de mariage ont été délivrés à des mineurs de 2000 à 2017. Environ 87 % concernaient des filles. La province n’est toutefois pas en tête concernant ce phénomène qui est décrié par le Canada sur la scène internationale.

«C’est en Alberta (0,03 %) et au Manitoba (0,04 %) que les mariages en bonne et due forme sont les plus nombreux; si l’on tient compte de tous les types de mariages d’enfants (officiels ou union de fait), c’est en Saskatchewan (0,5 %) et dans les territoires (1,7 %) que les chiffres sont les plus élevés», a affirmé l’Université McGill par communiqué.

Les auteures, Shelley Clark et Alissa Koski, estiment que le mariage ou l’union de fait avant 18 ans est un «indicateur d’inégalité entre les sexes reconnu dans le monde entier, parce que ses conséquences sur la santé et le développement personnel touchent un nombre disproportionné de filles».

Par conséquent, il faudrait que le Canada se regarde dans le miroir et agisse pour y mettre fin sur son territoire.

«Le fait que le mariage d’enfants se pratique encore aujourd’hui au Canada illustre à quel point il est difficile à éradiquer et met en lumière une incohérence de taille entre la législation intérieure du pays et ses politiques étrangères », a souligné Shelley Clark, coauteure de l’article et titulaire de la Chaire de sociologie James-McGill.

Les deux chercheuses craignent que ce phénomène soit plus difficile à détecter à l’avenir.

«Les actes de mariage émis au nom d’un enfant sont certes moins nombreux au pays, mais comme les mariages d’enfants sont de plus en plus mal vus socialement, il se peut qu’on opte plus souvent pour l’union de fait », avancent les auteures de l’étude publiée vendredi dans la revue «Population and Development Review».

En effet, en 2006, plus de la moitié des unions avec des mineurs étaient des mariages en bonne et due forme, tandis qu’en 2016, ils ne constituaient plus que 5 % des unions en 2016.