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Annuler ou maintenir la semaine de relâche?

Alors que les enfants sont de retour sur les bancs d’école et que les retards d’apprentissage s’accumulent, des voix s’élèvent afin de considérer une annulation exceptionnelle de la semaine de relâche cette année.

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Que ce soit pour des motifs académiques ou sanitaires, plusieurs parents ont exprimé mardi leur volonté de voir la semaine de relâche être annulée ou repoussée en 2021.

«Les enfants devraient plus aller à l’école. Je me mets dans la peau de ma fille qui m’a dit hier [à son retour en classes] que c’était le plus beau jour de sa vie», explique une mère rencontrée par TVA Nouvelles.

Mais la question divise autant chez les parents que chez certains experts.

C’est que malgré les retards et les conditions exceptionnelles de l’année scolaire, la fatigue se fait tout de même sentir, préviennent les syndicats.

«Pour être dans des conditions d’apprentissages qui permettent les acquis, ça prend des conditions [gagnantes]. La semaine de relâche, si elle existe, c’est qu’à la fin février, généralement, il y a un besoin de prendre un pas de recul pour donner l’élan jusqu’à la fin de l’année», plaide la présidente de la Fédération des syndicats d’enseignement, Josée Scalabrini.

Isabelle Plante, une professeure au département de didactique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), estime que la pause de la semaine de relâche est «nécessaire». Une prolongation de l’année scolaire à l’été, accompagnée de tutorat, lui paraît comme une solution mieux adaptée aux besoins des enfants.

«[La semaine de relâche], c’est bon pour le sommeil et pour la réduction de l’anxiété ou du stress, note-t-elle. Tout le monde a besoin d’une certaine pause et, comme elle n’est seulement que d’une semaine, je crois qu’elle est absolument nécessaire.»

Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a fermé la porte «pour l’instant» à cette option, mais n’a pas complètement écarté la possibilité de revenir sur sa position.

Il faut dire que la semaine de relâche a eu de lourdes conséquences pour la propagation du virus l’année dernière, à un moment où les voyages à l’étranger étaient toujours autorisés.

«Ce qui a amené la pandémie au Québec, c’est la semaine de relâche l’année passée. Je me dis que ça serait bien, peut-être, de sauter un tour», a de son côté soulevé la présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), Diane Francoeur.

«C’est clair que si vous demandiez de décider aujourd’hui, je dirais qu’on n’est pas sortis de l’auberge, a-t-elle ajouité, alors ne faisons pas exprès de nous contaminer davantage.»

Un rapport paru mardi du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) cible par ailleurs le milieu scolaire comme étant un vecteur de transmission de la COVID-19 à Montréal.

L’étude démontre notamment que l’augmentation des cas pour le groupe des 10-19 ans a précédé l’augmentation des cas chez les adultes ayant entre 30 et 49 ans, c’est-à-dire les parents, sur l’île de Montréal, ce qui signifierait que la transmission chez les jeunes n’est pas la «conséquence, mais plutôt une déterminante importante du niveau général d’infection dans les communautés avoisinantes».

Les élèves du secondaire, plus susceptibles de transmettre la maladie, seront de retour à l’école à compter de lundi prochain avec plus de mesures sanitaires qu’avant la pause des Fêtes.

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