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Boucherie Huot: la CNESST dévoile ses conclusions d’enquête

Kathleen Frenette | Journal de Québec

Photo d'archives

Au lendemain du jugement de culpabilité de négligence criminelle causant des lésions corporelles rendues à l’encontre de l’ancien propriétaire de la Boucherie Huot et de son fils, la CNESST a rendu publiques ses conclusions d’enquête.  

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L’enquête menée par la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a établi quatre causes pour expliquer le drame survenu le 10 novembre 2016. 

Ce jour-là, Olivier Bouchard, nouvellement employé à l’entreprise de la Rive-Sud s’est retrouvé la tête et le bras coincés dans un hachoir à viande, lui laissant de lourdes séquelles.  

Selon le rapport, «le contournement du système d’interverrouillage du protecteur du hachoir exposait le travailleur à des pièces en mouvement et la gestion relative à l’entretien et à la maintenance du hachoir était déficiente» dans l’entreprise qui appartenait alors à Bernard Huot. 

Manque de formation

De plus, comme souligné dans le jugement rendu lundi par la juge Annie Trudel, le manque de formation et de supervision du jeune travailleur a fait en sorte que ce dernier «ignorait le bon fonctionnement du hachoir et les dangers inhérents à son utilisation». 

À la suite de l’accident, la CNESST avait interdit que soit utilisé le hachoir impliqué ainsi qu’un autre hachoir qui y était relié.  

Pour pouvoir réutiliser les appareils, la boucherie qui est depuis passée aux mains de Viandex, a dû apporter plusieurs modifications notamment celle de devoir instaurer une procédure pour le contrôle journalier du fonctionnement du dispositif de sécurité du hachoir. 

Les travailleurs qui opèrent cette machine doivent également être informés des «directives de sécurité établies par le fabricant et des méthodes de travail sécuritaires à respecter», peut-on lire dans le rapport. 

Éviter un autre accident 

«Le contournement d’un dispositif de sécurité d’un équipement va à l’encontre de la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST), des règlements qui en découlent et des règles de l’art», ont noté les enquêteurs au dossier. 

Pour éviter qu’un tel accident ne se reproduise, la CNESST demandera donc à l’Association des Bouchers et Bouchères du Québec, à l’Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec ainsi qu’à l’Association des détaillants en alimentation du Québec d’informer leurs membres des conclusions de l’enquête.  

«De plus, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur diffusera, à titre informatif et à des fins pédagogiques, le rapport d’enquête dans les établissements de formation offrant le programme d’études en boucherie», est-il mentionné.​