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Des PME contraintes d’encaisser les pertes liées aux fraudes

TVA Nouvelles

Le commerce en ligne en temps de pandémie est devenu plus vital que jamais pour les entreprises d’ici qui tentent de garder le navire à flot. 

Le problème, c’est que les fraudeurs sont plus rusés que jamais. Ils ne cessent de surprendre avec les nombreux stratagèmes qu’ils ont élaborés. 

L’un d’eux, utiliser des cartes de crédit volées pour faire des achats en ligne et se faire livrer de la marchandise. Les arnaqueurs revendent ensuite les items sur Internet pour encaisser les profits. 

L’entreprise bornedecharge.ca est du nombre des victimes qui sont tombées dans le piège de ces malfaiteurs. 

«On s’est fait frauder quelques bornes sur le site bornedecharge.ca. Il y a des gens qui prennent des cartes de crédit volées et qui essayent de faire livrer à une autre adresse», raconte Nicolas Dion de bornedecharge.ca. 

Or, lorsque les transactions sont déclarées frauduleuses, il incombe à l’entrepreneur de rembourser Visa et MasterCard pour les pertes monétaires encourues. 

«Nous, étant donné qu’on n’avait aucun doute, on a livré des bornes jusqu’à ce que le processeur de paiement nous appelle et nous dise ‘’on va aller réclamer le montant dans votre compte de banque puisque c’était une fraude’’», explique M. Dion. 

Et les pertes se comptent en milliers de dollars, des montants qui pourraient être fatals pour les PME les plus vulnérables. 

«Visa et MasterCard ne prennent aucune responsabilité là-dedans. C’est le marchand qui est responsable. Tous les petits commerçants qui vendent en ligne, bien s’ils subissent des fraudes, c’est eux qui prennent la perte», déplore Nicolas Dion. 

Or, Visa et MasterCard seraient bien au fait de ce stratagème qui est plus répandu qu’on pourrait le croire. 

«[Mon processeur] m’a dit que ça arrive souvent les commerçants qui finissent par faire faillite parce qu’ils se font frauder et qu’il n’y a pas de recours puis qu’ils perdent leur vente», enchaîne M. Dion. 

Le pire dans tout ça, les propriétaires de PME sont laissés à eux-mêmes. Aucun outil n’est à leur disposition pour se protéger du phénomène. Chose que regrette Nicolas Dion, qui a été contraint de faire ses propres démarches sur son temps personnel. 

«Je trouve que c’est quelque chose qui manque. [...] Admettons qu’il y aurait, je ne sais pas, un budget du gouvernement canadien ou un site centralisé où on pourrait juste dénoncer des transactions douteuses. [...] Et s’il y a plusieurs doutes sur une transaction, automatiquement, ce sont des données qui sont enregistrées», suggère Nicolas Dion. 

Il est d’avis que les autorités pourraient, à partir de ces données, trouver des réseaux de criminels pour les amener devant les tribunaux, preuves à l’appui. 

En 2020, une augmentation de 16% des victimes de fraude a été observée. En tout, 104 M$ ont été perdus.