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Jusqu'à 250 millions $ pour une usine de transformation de luzerne à Bécancour

Louis Cloutier | TVA Nouvelles

La multinationale québécoise Premier Tech entend, à terme, investir jusqu'à 250 millions $ à Bécancour pour la construction d'une usine de transformation de luzerne.

En entrevue avec TVA Nouvelles, le président-directeur général de l'entreprise, Jean Bélanger, a expliqué que Premier Tech investira d'abord 45 millions $ pour la phase expérimentale de l'usine, qui générera 50 emplois dans un premier temps.

Premier Tech, qui emploie 4500 personnes sur la planète, s'est associée dans ce projet à l'entreprise Virentia, une firme québécoise qui a développé une plateforme industrielle permettant de tirer pleinement parti de la luzerne. Tout ce qui peut être extrait de la plante fourragère sera notamment destiné aux industries alimentaire et cosmétique.

«Le but de l'entreprise, de sa mission, est de créer des produits alternatifs autour de la protéine, autour de la nutrition humaine et animale à partir d'une ressource végétale qu'est la luzerne», a expliqué Jean Bélanger.

Cette usine constituera une manne pour les producteurs céréaliers de la région de Bécancour. Le tandem Premier Tech/Virentia a conclu des ententes avec 29 d'entre eux pour être approvisionné en luzerne.

«Pour les producteurs de grains, notamment pour eux, c'est un apport intéressant parce que la luzerne est une plante qui fixe de l'azote au sol. Alors dans leur rotation de cultures, ça va amener une plus-value fort intéressante pour eux», a observé Daniel Habel, président de l'UPA du Centre-du-Québec.

L'UPA ne croit par ailleurs pas que ce besoin en quantité industrielle de luzerne déstabilisera les volumes de fourrage destinés à l'alimentation des animaux de ferme.

L'usine aura un très grand besoin en eau potable, à un point tel que la Ville de Bécancour est présentement incapable de l'approvisionner.

Une nouvelle canalisation de plus grand diamètre devra donc être construite entre le réservoir de la municipalité et le parc industriel, au coût de 20 millions $.

Québec entend non seulement participer au montage financier du projet, mais également absorber la majeure partie de la facture pour le réseau d'aqueduc. «C'est un dossier pour lequel on a beaucoup d'intérêt. C'est un fichu de beau dossier», s'est enthousiasmé le député caquiste de Nicolet-Bécancour Donald Martel.