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Le PQ demande de limiter les frais chargés aux restaurateurs par les compagnies de livraison

Vincent Larin | Agence QMI

Québec s’est adressé aux géants de la livraison par application Uber Eats, DoorDash et SkipTheDishes pour leur demander de plafonner de leur propre chef le montant qu’ils exigent aux restaurateurs.

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C’est ce qu’a indiqué le cabinet du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, André Lamontagne, en réaction à une proposition en ce sens formulée mardi par le Parti québécois.

Le parti d’opposition a pressé le gouvernement de plafonner les frais que peuvent charger ces géants de la livraison par application aux restaurateurs, une mesure mise en place récemment en Colombie-Britannique pour aider les entreprises du secteur de la restauration à traverser la crise de la COVID-19.

Ces frais qui peuvent atteindre jusqu’à 30 % du coût d’une commande font fondre leur marge de profit, surtout dans le cas des petits restaurateurs, a plaidé la porte-parole du parti en matière d’économie et de relance, Méganne Perry Mélançon.

«Nous voulons aller rapidement dans ce dossier. C’est pourquoi nous demandons aux dirigeants d’Uber Eats, DoorDash et SkipTheDishes de plafonner de leur propre chef le montant exigé. [...] Nous avons contacté aujourd’hui ces entreprises pour leur faire part de notre position», a indiqué l’attachée de presse du ministre André Lamontagne, Laurence Voyzelle.

À elles seules, Uber Eats, DoorDash et SkipTheDishes représentent 80 % des livraisons par application au Québec, a-t-elle précisé. Le plafond qui leur est demandé est 20 % de la facture, dont 15 % pour la livraison.

«Nous sommes de tout coeur avec les restaurateurs et nous reconnaissons qu’ils ont leurs lots de difficultés dans le contexte actuel», indique Laurence Voyzelle.

La demande formulée par Méganne Perry Mélançon allait toutefois plus loin. Elle exigeait du gouvernement de la Coalition Avenir Québec qu'il décrète en vertu de l’état d’urgence sanitaire le plafonnement de ces frais à 15 %, ce qu’a déjà fait le gouvernement de la Colombie-Britannique à la fin décembre.

«Souvent, les petits restaurants n’ont pas de services de livraison donc ils n’ont pas le choix de faire affaire avec des Uber Eats ou des Doordash et on sait qu’il existe des frais qui sont assez démesurés», a-t-elle affirmé.

Le décret adopté par le gouvernement là-bas prévoit même que les compagnies affectées par cette mesure ne peuvent pas réduire le salaire de leurs employés pour pallier cette perte de revenus.

Comme cela est aussi prévu dans la province de l’Ouest, une telle mesure devrait rester en place jusqu’à la fin de la crise actuelle, estime Méganne Perry Mélançon.

«On souhaite que cette mesure soit mise de l’avant le plus rapidement possible», ajoute-t-elle.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, s’est déjà prononcée en faveur de cette mesure cette semaine.

«La COVID-19 force les restaurateurs à se tourner vers la livraison à domicile. Mais les frais que leur chargent les entreprises de livraison sont très élevés. Je demande au gouvernement du Québec d’imposer un plafond temporaire à ces frais, pour assurer aux restaurateurs la rentabilité», a-t-elle écrit sur Twitter samedi dernier.

Déjà fortement affectés par la fermeture de leurs salles à manger pour lutter contre la propagation de la COVID-19, les restaurateurs peinent à engranger des revenus, surtout avec l’entrée en vigueur du couvre-feu.