/news/coronavirus

Les cancers nécessitant une hospitalisation ne sont plus opérés

TVA Nouvelles

Le délestage des activités des hôpitaux a pour conséquences la réduction de moitié des chirurgies à l’Hôpital-Maisonneuve-Rosemont, provoquant de l’anxiété et de la détresse notamment chez les patients en attente d’opération oncologique.  

• À lire aussi: EN DIRECT | Les derniers développements sur le coronavirus

• À lire aussi: Hausse des hospitalisations : «ça n’inclut pas encore le retour des voyageurs»

• À lire aussi: Hôpitaux saturés: des patients transférés 175 km plus loin

Selon la Dre Mai-Kim Gervais, chirurgienne-oncologue qui œuvre dans ce centre hospitalier, le plus important de l’est de la métropole, la situation est difficile. 

Actuellement dans la province, la majorité des chirurgies bénignes qui ne sont pas des cancers, sont reportées. Pour les cancers, toute opérations qui nécessite une hospitalisation ne peut pas être exécutée.

Cette obligation inquiète Dre Gervais qui craint que ces délais prolongés changent le pronostic vital de ses patients. 

«L’une des difficultés qu’on a c’est d’avoir la place en hospitalisation. On priorise les cancers qui se font en chirurgie d’un jour, ils peuvent continuer de se faire. Mais les cancers qui doivent être hospitalisés en post-opératoire, on a plus de difficultés à opérer ces patients parce qu’ils prennent un lit. Et les lits dans les hôpitaux à Montréal sont pratiquement pleins», explique la Dre Gervais sur les ondes de LCN. 

Dre Mai-Kim Gervais, chirurgienne-oncologue à Maisonneuve-Rosemont, capture d'écran

Les cas de cancers agressifs comme les cancers de l’estomac et les sarcome, agressifs, sont délestés parce qu’il est difficile, voire impossible de garder ces patients à l’hôpital après la chirurgie.

«Par contre, je peux faire un cancer du sein localement avancé qui nécessite une chirurgie d’un jour. Cette patiente là va être favorisée parce qu’on a pas besoin de lit en post-opératoire», précise la chirurgienne-oncologue. 

Même s’il est possible d’offrir de la chimiothérapie, la chirurgie demeure le traitement principal.

«Mes patients sont anxieux, avec raison. Ils vivent de la détresse psychologique, on essaie de les entourer du mieux qu’on peut évidemment, on fait des suivis serrés autant nous les médecins que les infirmières pivots en oncologie. C’est une situation difficile et inquiétante», déplore-t-elle. 

Difficile de prévoir les conséquences de ces reports dans l’état actuel des choses. 

«Si on parle de survie, de pronostic, c’est la littérature qui va nous dire ça dans les 3 à 5 ans. On voit déjà que certains cancers sont diagnostiqués à un stade plus avancé, on peut voir le développement de métastases».

Mardi, une nouvelle hausse des hospitalisations de 61 portait le total à 1497 personnes hospitalisées. 221 personnes se trouvaient aux soins intensifs, en hause de 10. 

Dans la même catégorie