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Sept patients vaccinés contractent quand même la COVID-19

Agence QMI et TVA Nouvelles

Sept patients du Centre hospitalier gériatrique Maimonides, situé à Côte-Saint-Luc sur l’île de Montréal, ont récemment contracté la COVID-19 même s’ils avaient reçu une première dose du vaccin de Pfizer/BioNTech.

L’information a été dévoilée dans un message envoyé par le CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’île-de-Montréal aux familles des patients du centre de soins, qui avait été le tout premier au Québec à lancer la campagne de vaccination, le 14 décembre.

«Les résidents qui ont eu un test positif récemment ont tous reçu la première dose du vaccin contre la COVID-19 et ils ont été infectés au cours des 28 premiers jours suivant l’administration de cette dose», a reconnu le CIUSSS.

Le centre Maimonides est l’un des plus durement touchés depuis le début de la seconde vague, avec 102 cas et 22 décès selon les données partagées par le CIUSSS. Environ 80 % des employés qui y travaillent et 84 % des patients y ont été vaccinés une première fois.

Or, cette situation s’explique de différentes façons, indique la pharmacienne Diane Lamarre.

Vu l’éclosion déjà en cours, il est probable que les patients étaient déjà infectés par le virus avant de se faire vacciner.

«Même s’ils n’étaient pas infectés, quand on reçoit le vaccin, ça prend 14 jours avant de développer l’immunité», précise Mme Lamarre. 

Ce faisant, les mesures sanitaires doivent continuer d’être appliquées pendant cette période.

Reste qu’il n’est pas impossible de contracter le virus même si on est vacciné.

«Dans cette urgence de développer des vaccins, on a mis l’accent [sur le fait] que les vaccins démontrent leur capacité à empêcher le développement d’une maladie, pas nécessairement la transmission», ajoute Diane Lamarre.

Le virus peut donc avoir été transmis aux patients par un employé infecté, mentionne l’experte.

Enfin, l’efficacité du vaccin peut aussi avoir un rôle à jouer.

«On le sait, le vaccin a 95% d’efficacité. 95% ce n’est pas 100%. Donc il y a un 5% qui reste», dit-elle. 

Frustration     

Cette situation remet en question la stratégie de retarder l’administration de la seconde dose du vaccin trois semaines après la première.

Québec a récemment opté pour cette idée afin de vacciner le plus de personnes possible, en arguant que la protection offerte pour la première dose permet de retarder la deuxième.

Ce faisant, le CIUSSS a reconnu ne pas savoir quand la deuxième dose sera finalement administrée aux patients du centre Maimonides.

Cette situation préoccupe Joyce Shanks, qui agit à titre de porte-parole du Comité de défense des familles du centre gériatrique Maimonides.

«Ça nous montre qu’une seule dose, ce n’est pas assez», a-t-elle souligné en entrevue avec l’Agence QMI.

Ce comité a déposé la semaine dernière une mise en demeure contre Québec pour réclamer que la province distribue bel et bien la seconde dose dans les délais impartis. Or, le gouvernement n’a pas réagi, a déploré Mme Shanks.

Les proches des patients continuent donc à se mobiliser, notamment en amassant des fonds pour pouvoir trainer Québec devant les tribunaux, advenant que le ministère de la Santé persiste à privilégier l’administration d’une seule dose pour le moment.

Appelé à réagir, le cabinet du ministre de la Santé Christian Dubé s'en est remis aux recommandations de la Santé publique. «La Santé publique continue d’avoir des échanges avec les instances scientifiques concernées afin d’évaluer le meilleur délai pour offrir la deuxième dose aux Québécois. La décision de la Santé publique sera communiquée rapidement», a commenté l'attachée de presse du ministre, Marjaurie Côté-Boileau.

«Précisons que le directeur de la vaccination, monsieur Daniel Paré, se dit prêt pour administrer plus rapidement que prévu la deuxième dose, si telle était l’option retenue par la Santé publique», a ajouté Mme Côté-Boileau.

Le comité des patients de Maimonides réclame donc l’intervention du gouvernement fédéral. «C’est la job de Santé Canada de s’assurer que tout le monde avec ce médicament entre les mains suive les instructions», a plaidé Joyce Shanks.

Cette dernière espère aussi plus de transparence des autorités sanitaires. «C’est la première fois que c’est publié, mais on le savait qu’il y avait des cas. Mon papa a été testé deux fois dans la dernière semaine parce qu’il y avait des cas sur son étage», a dénoncé Mme Shanks.