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Les réseaux sociaux, un miroir déformant pour les jeunes femmes

Julien Ricoul

Un couteau à double tranchant, voici ce que sont les réseaux sociaux dans la vie de nos jeunes femmes en 2021. Un outil de communication et de partage si parfait qui se transforme en un recueil de comparaisons, de fausses réalités, de stéréotypes et de développement d’insécurités. 

En 2010, l’Américain Kevin Systrom et le Brésilien Michel Mike Krieger fondent l’application Instagram Description, qui «permet de partager ses photographies et ses vidéos avec son réseau d'amis, de fournir une appréciation positive [fonction “j'aime”] et de laisser des commentaires sur les clichés déposés par les autres utilisateurs». Cette description à connotation méliorative s’est vue prendre un tout autre sens au fil des années.

En moyenne, une fille commence son aventure dans les réseaux sociaux à l’âge de 12 ans, vers le début de la première année du secondaire. Ce petit cerveau en cours de développement commence son ascension dans ce monde si infâme, manipulateur et destructeur. 

Chaque jour, on asperge ces jeunes filles de fausses représentations de la beauté, de l’idéal parfait d’une femme. Elles ne voient que des femmes qui amplifient leurs attributs, que ce soit par la position, les habits, la modification des photos, le maquillage ou la chirurgie plastique. Les réseaux sociaux ne montrent que le «meilleur» côté d’une personne. Par ces images abondantes, une jeune fille qui commence à regarder son corps évoluer aura une très forte tendance à se comparer à ce que l’image parfaite d’une femme est, selon les standards fixés par la société.

Ce cercle vicieux devient pire lorsque les filles se dégradent entre elles. Les relations féminines peuvent être très toxiques, en raison de la haute compétition corporelle que la société, encore, crée. Un dîner entre filles, une amie qui dit à une autre qu’elle mange beaucoup. En raison de ce commentaire, cette jeune femme, qui a des complexes à propos de son corps, a une «confirmation» de ses pensées et va commencer à manger moins, pour entrer dans les codes sociaux. 

Un phénomène qui, soit dit en passant, touche aussi bon nombre de garçons.

L’importance des likes  

Sur un compte Instagram, tout compte. Les commentaires et le nombre de likes font maintenant partie de ton identité, ils représentent qui tu es et te placent dans une échelle de la société. En raison de ce fonctionnement de société, une fille fera tout pour avoir le plus de likes possible afin de se sentir acceptée le plus possible par le monde extérieur. 

Ces méthodes sont les mêmes que celles qu’elles ont vues par leurs vedettes préférées, soit la position, les habits, la modification des photos, le maquillage ou la chirurgie plastique. Une amie qui commente sa photo disant que son corps est magnifique peut paraître bien, mais c’est pourtant un message très péjoratif. Les filles, maintenant, ont accepté que leur corps soit un critère. En raison de ce commentaire, elles passent le message que leur corps est beau, donc c’est ce qu’on juge dans ta photo, donc c'est un critère, donc tu dois le montrer dans ta prochaine photo. Certaines filles ne le reconnaissent pas, mais elles s’engouffrent elles-mêmes dans ce cercle vicieux qu’est l’idéal parfait d’une femme. 

Un problème amplifié par les réseaux sociaux  

Ce n’est pas normal que lorsqu’on demande à une fille de 16 ans si elle aime son corps, sa réponse soit en grande majorité non. Ce n’est pas normal que lorsqu’on demande à une fille de citer 10 choses positives à propos de son corps, elle ne puisse pas en dire plus que cinq. Ce n’est pas normal qu’à un si jeune âge, une personne pleure à cause de son apparence. Ce n’est pas normal qu’une personne arrête de manger ou, pire, se fasse vomir à cause de son apparence. Ce problème existe depuis des années, mais il a été amplifié à cause des réseaux sociaux.

Une fille ne sera jamais contente de son corps, car elle va toujours se comparer aux autres sur les réseaux sociaux. Elle se dira toujours: «je veux ci, je veux ça». Elle cherchera toujours à voir «mieux», elle ne se contentera jamais de son propre corps. Pourtant, chaque femme veut avoir le corps de quelqu’un d’autre. Une grande fille va rêver d’être petite, tandis qu’une petite fille va rêver d’être grande. Ce problème de toujours vouloir ce que les autres ont existe depuis toujours.

Mon message à faire passer aujourd’hui est que chaque femme a un corps différent, et chaque corps est magnifique comme il est. L’idéal d’une femme donné par la société est faux, et qu’importe votre morphologie, soyez fières. Cela est plus facile à dire qu’à faire, mais arrêtez de vous comparer aux autres et de toujours vouloir changer quelque chose en vous. Vous devriez plutôt apprendre à aimer et à accepter votre corps comme il est, car la réelle beauté est dans votre cœur et dans votre tête, pas dans votre peau.

Julien Ricoul

17 ans

Montréal

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