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Efficacité inconnue des vaccins au-delà de 42 jours d'intervalle entre les doses

Émilie Bergeron | Agence QMI

Il n'existe pas assez de données pour connaitre l'efficacité des vaccins de Pfizer et Moderna si la 2e dose est donnée au-delà de 42 jours après la première, a souligné la santé publique du Canada jeudi.

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Si Québec attend jusqu'à 90 jours avant d’administrer des secondes doses, il faudra donc que les autorités sanitaires de la province surveillent l'impact de près et recueillent des données à ce sujet.

C’est ce qu’a indiqué le sous-administrateur en chef de la santé publique du Canada, le Dr Howard Njoo, en point de presse jeudi.«Au niveau de l’efficacité avec l’intervalle entre les deux doses, on a assez de données pour dire que oui, c’est efficace si on a un intervalle allant jusqu’à 42 jours. 

Après 42 jours, on ne sait pas», a-t-il dit.Il a toutefois reconnu que l’enjeu est réel au niveau du flot variable des doses de vaccins contre la COVID-19 arrivant au Canada et qu’il comprend que le Québec doive faire des choix difficiles.

Une déclaration commune publiée jeudi par les médecins hygiénistes en chef des provinces et du fédéral souligne d’ailleurs l’obligation des provinces de documenter les effets qui viennent avec le choix d'étirer au-delà de 42 jours le moment entre les deux doses.

«Lorsqu’il est jugé nécessaire pour un programme d’augmenter l’intervalle entre les doses au-delà de 42 jours, basé sur des données d’épidémiologies spécifiques et sur leur impact, ce programme doit surveiller de près les effets observés et partager régulièrement les résultats, lesquels seront ajoutés à la base de données probantes qui ne cesse de s’élargir», peut-on lire.

Selon ce qu’a affirmé le Dr Njoo, le directeur national de la santé publique du Québec, Horacio Arruda, a entériné la déclaration commune.Le vaccin de Pfizer est conçu pour que 21 jours séparent l’administration de la première et de la deuxième dose. 

Celui de Moderna prévoit 28 jours d’intervalle.

Or, avec le flot instable des premières livraisons, Québec a choisi de repousser l’administration de la deuxième dose afin de distribuer une première dose à un plus grand nombre de personnes possible.Étant donné les problèmes d’approvisionnement, le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) a convenu qu’il était possible de repousser l’administration de la 2e dose jusqu’à 42 jours. 

Toutefois, le gouvernement de François Legault a annoncé jeudi qu’il permettra d’attendre jusqu’à 90 jours.

Dans leur déclaration commune, les médecins en chef de partout au Canada disent appuyer les recommandations du CCNI. 

«La souplesse offerte par l’étirement raisonnable de l’intervalle entre les doses jusqu’à concurrence de 42 jours, selon les besoins opérationnels et la prévisibilité accrue de l’approvisionnement des doses de vaccins, viennent appuyer notre objectif de santé publique qui consiste à protéger les groupes à risque élevé le plus rapidement possible», écrivent-il.

Notons que le nombre de doses arrivant au Canada augmentera significativement à compter d'avril. 

Le major général Dany Fortin, responsable de la logistique pour le fédéral, a indiqué que ce sera environ un million de doses qui seront acheminées par semaine.