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Le Québec mérite-t-il ses professionnels de la santé?

Jean Allard

Dossier spécial- CHU de Québec

Photo courtoisie

Pour utiliser une formule usée, poser la question, c’est y répondre. Pour une bonne partie de cette population, un oui retentissant s'impose. Pour le reste, non, clairement.  

Avant d'aller plus loin, il est bon de spécifier que j'ai oeuvré dans le domaine de la santé à titre de préposé aux bénéficiaires et d'infirmier autorisé, et ce, durant plus de vingt ans. Mon milieu de travail a été principalement les soins intensifs et l'urgence, je me crois donc qualifié pour répondre à la question ci-haut formulée. 

Pour une majorité de la population, la souffrance humaine et la mort sont des concepts purement théoriques. Pour ceux et celles qui travaillent dans le milieu hospitalier, elles sont de vieilles connaissances, de vieilles amies ou l'ennemi à abattre, dépendant du point de vue. 

Jean Allard

Jean Allard

Côtoyer la mort

Il semble facile pour plusieurs de pontifier sur la détresse humaine et de tenter de justifier des comportements délinquants par des arguments totalement bidons ou fantaisistes. Il faut avoir tenu la main d'un patient ou d'une patiente en fin de course pour qui l'on ne peut plus rien, pour apprécier notre finalité. Il faut avoir annoncé à un fils ou une fille le décès d'un parent cher pour comprendre la douleur ressentie. Oui, la mort est normale et notre finalité inéluctable, mais avant d'élaborer sur ce fait, encore faudrait-il savoir de quoi l'on parle... 

Il est aussi bon de se rappeler qu'il y a plusieurs façons de mourir, certaines plus «plaisantes» que d'autres. Lors de l'épidémie de sida, j'ai accompagné certains patients durant leurs derniers moments. Certains ont vécu ces moments seuls et terrifiés, loin de ceux qui les aiment, tout comme, je présume, plusieurs malades atteints de COVID. 

Je ne doute pas cependant qu'ils aient accès à des soins de fin de vie de qualité, mais personnellement, je préférerais avoir ma famille à mes côtés. Comment peut-on, par son comportement délinquant, condamner un autre humain à un tel sort? Ça dépasse l'entendement. 

Merci aux professionnels de la santé

Pendant des années, les différents gouvernements se sont succédé et ont négligé les différents professionnels de la santé: infirmières, infirmiers, inhalothérapeutes, préposés et j'en passe. On ne devrait pas se surprendre qu'aujourd'hui, on en paye le prix, et s'étonner que l'on manque de personnel, relève de l'inconscience. 

À tous ceux et celles qui sont encore au front, mes plus sincères remerciements, vous avez tous et toutes mon admiration et ma gratitude. 

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