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L'ex-directeur du SPVM réclame 3 millions de dollars

Yves Poirier | TVA Nouvelles

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

TVA Nouvelles a appris jeudi que l’ex-directeur du SPVM, Philippe Pichet, réclame trois millions de dollars au Procureur général du Québec ainsi que des excuses de la part du ministère de la Sécurité publique pour le tort qui lui a été causé.

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Dans la mise en demeure, M.Pichet, qui a cumulé 24 années au sein du Service de police de Montréal, déplore notamment «avoir appris de façon dégradante sa suspension en direct seul dans son bureau» en décembre 2017. 

Il déplore n’avoir eu droit de parole seulement six mois après sa suspension, «rendant ainsi impossible de rétablir son statut auprès de futurs employeurs», écrit l’avocat de Philippe Pichet, Me Pierre Eloi Talbot. L’ex-ministre Martin Coiteux «suspend notre client et suggère qu’il sera destitué alors qu’il n’a jamais informé Philippe Pichet de cette décision. Notre client n’a jamais été informé de quelconque reproche et il n’a pas eu l’opportunité de consulter le rapport Bouchard ni de se faire entendre ou de donner des explications quant audit rapport.»

Une situation qui étonne l’ex-directeur du SPVM puisque M.Coiteux lui avait fait part de sa confiance quelques semaines auparavant.

Philippe Pichet a finalement eu accès au rapport Bouchard le 6 décembre 2017 en même temps que le public. 

«Dans le cadre de son mandat, M. Bouchard a rencontré notre client moins d’une heure trente et n’a aucunement abordé de façon détaillée des situations précises faisant l’objet de son rapport, ne restant qu’au niveau des généralités. Plus inquiétant encore, lors de la courte rencontre entre notre client et M.Bouchard, ce dernier n’avait même pas préparé un plan de question ou de rencontre et passait d’un sujet à l’autre. Notre client n’a jamais eu l’occasion d’être confronté à des éléments du rapport Bouchard et de pouvoir donner sa version des faits et de répondre aux allégations.»

Quant au rapport de Martin Prud’homme, Philippe Pichet affirme n’avoir jamais été rencontré avant sa publication en mai 2018. À la lumière des événements qui l’ont amené à quitter ses fonctions de directeur du SPVM, Philippe Pichet juge avoir subi d’importants dommages moraux «en lien avec le traitement injuste qu’il a subi.»