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Surdoses mortelles: six ans de prison pour une vendeuse de drogue

Ministère de la Justice

Une femme de 47 ans de Chaudière-Appalaches a été condamnée à six ans de pénitencier pour avoir vendu une drogue dure qui a tué deux hommes.

La défense a été déboutée de long en large lors de la décision sur la peine, jeudi, au palais de justice de Montmagny. Me Michel Barrette, qui représente Julie Anctil, remettait en question le lien de cause à effet juridique qui impute à sa cliente la responsabilité de la mort des deux hommes.

Pour le juge, cette responsabilité est entière. «Il n’y a pas bris de causalité», a-t-il dit, même si Julie Anctil avait utilisé un entremetteur dans la vente du stupéfiant. Elle a donc été condamnée pour trafic et possession de drogue, gestes pour lesquels la mort des deux hommes dans la vingtaine est venue influencer la lourdeur de la peine dans cette histoire.

Le 13 septembre 2019, Anthony Miville, Marc-Olivier Paquet et Jean-Philippe Caron ont acheté 3,5 grammes de MDA (méthylène de dioxyde d’amphétamine) à Brandon Plourde, qui lui-même les avait achetés à Julie Anctil. Le trio croyait s’être procuré de la MDMA - de l’ecstasy -, mais ils ont plutôt eu en leur possession sept fois la quantité létale d’une pure substance hautement dangereuse.

Miville, Paquet et Caron se sont ensuite rendus au Bière Fest de Rivière-du-Loup où ils ont divisé la drogue en trois parts égales avant de la consommer. Seul Jean-Philippe Caron est resté en vie, puisqu’il ne consommera pas toute sa part. Le domicile d'Anctil sera perquisitionné le 15 septembre suivant et une importante quantité de diverses drogues sera saisie.

Pour le juge, il ne fait aucun doute que la mort des deux hommes est attribuable à la consommation de la substance vendue par Julie Anctil, notamment à l'aune du témoignage des experts: toxicologue, médecin spécialiste et pathologiste judiciaire.

L’accusée «ne peut être dégagée des conséquences non intentionnelles de ses actes», a déclaré le juge. Celui-ci retient d'ailleurs qu'Anctil connaissait la dangerosité de la substance et qu'elle a cherché à s'en débarrasser. Il souligne que Julie Anctil sait que «la drogue vendue à Plourde est destinée à des amis» de ce dernier, venant briser l'argument de la défense sur le rôle de l'entremetteur censé la déculpabiliser. Plourde est d'ailleurs devant les tribunaux pour son implication dans cette histoire.

Alors que le prononcé de la sentence évoluait en cour jeudi, il était de plus en plus clair que le tribunal allait livrer une peine exemplaire. Dans le box des accusés, Julie Anctil se prenait la tête à deux mains. Le juge a mentionné qu'il n'a accordé aucune crédibilité au témoignage qu'elle a livré lors des étapes judiciaires antérieures. Il dit qu'il était «rempli de contradictions, de demi-vérité et de volte-face».

Ainsi, pour le chef de trafic de drogue, le juge a condamné Anctil à quatre ans, pour possession de MDA en vue de faire le trafic à deux ans, pour possession de méthamphétamines en vue d'en faire le trafic à trois ans et pour possession de GHB en vue d'en faire le trafic à 12 mois. La sentence aboutit en un emprisonnement de six ans, à cause du caractère concurrent des peines. Compte tenu de la détention provisoire, Julie Anctil doit encore purger quatre années de prison.