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Combattre la COVID-19 dans les égouts

La lutte à la COVID-19 se transporte dans les eaux usées du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie. Des chercheurs vont bientôt analyser les fluides corporels des citoyens de ces régions afin d'y détecter le virus et ses éventuelles mutations. Donc, par le simple geste de tirer la chasse d'eau, ce sera possible d'en faire un peu plus dans le combat contre le coronavirus.

«Lorsque vous êtes infectés par le virus de la COVID-19, vous allez en excréter dans vos fluides. Lorsque vous allez aux toilettes, ça se ramasse dans le système de collecte des eaux. Donc en allant échantillonner dans ce système-là, on est capable de retrouver des traces de l'ARN du virus», a expliqué à TVA Nouvelles Marc-Denis Rioux qui est professeur de génie civil à l'Université du Québec à Rimouski.

Si les tests de dépistage demeurent la meilleure façon d'identifier les porteurs du virus, une personne à la fois, l'analyse des eaux usées offre d'autres perspectives aux chercheurs.

«Les gens qui sont normaux chez eux, ils ne vont pas aller se faire tester pour le plaisir de se faire tester. Mais via les eaux usées, on teste tout le monde, indistinctement que vous soyez asymptomatiques, porteurs ou sains», a ajouté le chercheur, qui collabore également avec une collègue de l'Institut des sciences de la mer de Rimouski pour ce projet.

Ces analyses permettront aussi de détecter des variants du virus, afin d'ajuster les stratégies pour le combattre. Les égouts de la Ville de Rimouski seront les premiers à être étudiés, normalement dès la mi-février. Mais les chercheurs ont déjà tout le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie dans leur mire.

«Ce qu'on souhaite ultimement, c'est couvrir 100 % du territoire. On va voir ce qu'on est capable de faire. Ça va beaucoup dépendre combien de villes embarquent avec nous», a précisé Marc-Denis Rioux.

Et dans une deuxième phase, des bâtiments institutionnels comme les hôpitaux et les écoles pourraient faire l'objet d'une surveillance ciblée. Au final, toutes les données seront transmises aux autorités de santé publique.

Enfin, l'analyse des eaux usées des villes pourrait éventuellement être utilisée pour mieux combattre des virus connus comme celui de l'influenza et des nouveaux qui pourraient faire leur apparition au cours des prochaines années.