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Des échanges étudiants qui inquiètent des experts

Édouard Bossé, 19 ans, a quitté Montréal à la fin du mois d’août pour un échange étudiant d’un an au Danemark avec AFS Canada.

Photo courtoisie

Édouard Bossé, 19 ans, a quitté Montréal à la fin du mois d’août pour un échange étudiant d’un an au Danemark avec AFS Canada.

L’arrivée et le départ de dizaines de jeunes Québécois et étrangers pour des échanges culturels font sourciller en pleine pandémie alors que les voyages ne sont pas recommandés et que les reconfinements s’organisent un peu partout dans le monde. 

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« En santé publique, indépendamment des lois gouvernementales, on recommande que seuls les voyages essentiels soient faits. [...] Pour les étudiants du secondaire, c’est une belle expérience, mais qui n’est pas du tout essentielle », rappelle Marie-France Raynault, chef du Département de santé publique et médecine préventive du CHUM, à Montréal.

Depuis le 9 janvier et jusqu’à la semaine prochaine, une vingtaine de jeunes Européens atterrissent au Québec pour débuter un stage « interculturel » avec l’organisme AFS Canada.

Ces élèves du secondaire vivront avec des familles d’un peu partout dans la province.

« Ils ont fait un test avant d’arriver et doivent respecter leur plan de quarantaine. Ils vont être confinés dans une chambre pendant deux semaines. Ils devront y prendre leurs repas. S’ils n’ont pas de salle de bain dédiée, ils devront suivre un protocole pour la nettoyer », détaille la directrice générale d’AFS Canada, Anisara Creary. 

Plan risqué 

« Des conditions de quarantaine comme ça, ça peut être très risqué. J’ai peur que des adolescents transgressent les règles. On n’a juste pas besoin de ça. On a vraiment trop de cas. Des gens meurent tous les jours », estime la Dre Raynault.

Un autre « enjeu » pointé par la chercheuse à l’École de santé publique de l’Université de Montréal Roxanne Borgès Da Silva est « la possibilité d’importer un variant quelconque de la COVID », détecté au Royaume-Uni, en Afrique du Sud et au Japon.

« À l’heure actuelle, la contamination communautaire est très, très forte au Québec », ajoute la spécialiste. 

Le 20 octobre dernier, le gouvernement fédéral a rouvert ses frontières aux étudiants internationaux.

Vers l’étranger 

Édouard Bossé, 19 ans, a quitté Montréal à la fin du mois d’août pour un échange étudiant au Danemark alors que le Québec n’était pas encore entré dans sa deuxième vague.

En tout, une vingtaine de jeunes d’ici se sont envolés vers l’étranger depuis l’automne, confirme la directrice générale d’AFS Canada.

« J’ai été testé trois jours avant mon départ. J’ai reçu mon résultat dans mon trajet vers Copenhague et comme j’étais négatif, je n’ai pas eu besoin de faire de quarantaine », raconte Édouard Bossé, de son pensionnat de la ville de Brenderup, au sud du pays.

Son école doit rouvrir le 18 janvier, pour l’instant. « AFS nous a dit que peu importe ce qui arrivait, on n’allait pas être rapatriés. [...] Je dois normalement rentrer en juin », dit-il.