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La dernière gaffe du ministre Roberge

CAPTURE D'ÉCRAN / TVA NOUVELLES

Lors de sa conférence de presse du vendredi 8 janvier dernier, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, indiquait, parmi certaines mesures, que les examens ministériels de cette année étaient annulés, que la remise du premier bulletin scolaire était reportée et que la valeur de celui-ci sur le bilan sommaire allait être modifiée. Des décisions logiques et fort appréciées. Tous les intervenants du monde de l’éducation s’attendaient cependant qu’il annonce la nouvelle pondération.  

Pas du tout! On a alors vaguement compris qu’il reviendra sur ce sujet un jour. Ce silence est d’autant plus consternant que, depuis des semaines, des voix se font entendre dans le réseau de l’éducation, chercheurs universitaires, directions d’école comme enseignants, pour que le ministre change la valeur du premier bulletin, la jugeant trop élevée à 50% de la note finale. Normalement, la première étape est celle qui compte le moins dans un bulletin. 

L’importance de la valeur de chaque étape  

Il est inconcevable que le ministre n’ait pas encore véritablement répondu à cette demande alors que la moitié de l’année scolaire est complétée. Si l’on veut qu’un jeune s’engage dans sa réussite, il y a un principe connu de tous qui veut qu’il doive être informé de la valeur de chaque évaluation ou examen auquel on le soumet. On retrouve même cette règle dans la Politique d’évaluation des apprentissages, ce que le ministre ne peut ignorer. 

Déjà, M. Roberge a pris trop de temps pour réagir quant aux résultats scolaires des jeunes. Un des principes importants du programme de formation québécois est qu’un enseignant ne doit pas attendre qu’un élève soit en échec afin de l’aider à mieux réussir. Une intervention précoce est en effet bien efficace. 

Depuis novembre, dans le réseau, on a indiqué à M. Roberge qu’il fallait des ressources pédagogiques supplémentaires si on voulait éviter une catastrophe. Sa réponse n’est venue que la semaine dernière. En plus d’être tardive, celle-ci est si faible et si incomplète qu’on se demande si les mesures annoncées arriveront à sauver la présente année scolaire. 

De l’espoir pour nos élèves  

Maintenant, c’est au ministre d’agir et de donner un peu d’espoir à nos élèves qui savent qu’ils sont déjà en échec au premier bulletin avec la pondération actuelle. Sinon, son inaction créera un nombre important de décrocheurs. S’ils tirent de l’arrière, la partie n’est cependant pas encore terminée. Ils doivent apprendre de sa bouche le plus rapidement possible, pas dans un mois, pas dans deux semaines, mais dès la semaine prochaine, quelle valeur aura chacun des deux bulletins de l’année. Ils doivent savoir qu’ils auront une chance de se reprendre et de pouvoir terminer leur année avec succès s’ils s’y mettent vraiment. 

Il est temps de le dire : nos élèves sont fatigués qu’on se comporte avec eux comme s’il s’agissait de vulgaires yoyos. Depuis le mois de septembre, on les bardasse sans arrêt. Nos élèves ont besoin de bienveillance, d’aide, d’espoir, de motivation. 

M. Roberge a bâclé la dernière année scolaire en parlant de «vacances» aux élèves. Par la suite, il a été incapable de les convaincre de travailler avec sérieux et de donner aux enseignants les outils et les moyens pour intervenir auprès de leurs élèves. Pour leur réussite, il ne doit pas refaire une aussi grosse erreur une deuxième fois. Il est temps d’être un véritable leader et d’agir au bon moment. Maintenant. 

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