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La folie immobilière partout au Québec... sauf à Québec

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J’ai comme l’impression que l’actualité abuse des stéroïdes. Entre une information au sujet de la prise du Capitole et une autre sur le couvre-feu imposé aux Québécois, mon oreille a capté une donnée stupéfiante sur le marché immobilier.

Quelque part dans les Laurentides, on rapportait des hausses de quelque 50 % du prix des maisons !

Énorme ! La croissance des valeurs de l’immobilier semble sans limites. Il n’y a presque nulle part où les hausses trimestrielles des prix ne dépassent pas les 10 %. À plusieurs endroits, elles atteignent plus de 20 % ! Cette frénésie a réveillé des marchés qu’on croyait pour toujours plongés dans le coma, comme celui de Shawinigan qui a progressé de 20,4 % à la fin de l’année dernière.

Les prix explosent partout, à cette exception notable : la ville de Québec et sa voisine d’en face, Lévis. C’est franchement pépère, là-bas. Au dernier trimestre de 2020, le prix des maisons unifamiliales a monté respectivement de... 3,6 % et 3,3 %.

Ça dure depuis longtemps 

Ces chiffres proviennent de la firme de recherche JLR dont la base de données est constituée des actes notariés. Il s’agit donc des prix payés, et non ceux affichés par les vendeurs. La vraie affaire, quoi.

En temps normal, des augmentations de plus de 3 % seraient qualifiées de « robustes ». Mais en comparaison de ce qu’on observe ailleurs, l’immobilier de Québec paraît amorphe.

Dans Portneuf, juste à côté, le prix des maisons a grimpé de plus de 21 % au quatrième trimestre. Dans Bellechasse, sur la Rive-Sud, on a enregistré des hausses de plus de 13 % durant la même période. Montmagny : 68 % !

Peut-être que Québec reprend son souffle, pensez-vous. Même pas ! Ce manque de vigueur se confirme trimestre après trimestre. Dans toute l’année 2020, les propriétaires de la région ont vu la valeur de leur maison s’accroître de 2,8 % par rapport à 2019.

En reculant plus loin, on constate toujours le même marasme. Le prix médian des maisons de la capitale est passé de 256 000 $ au dernier trimestre de 2015 à 285 000 $ à la fin de l’année dernière, selon la base de données de JLR. Cela représente une augmentation de 11 % en cinq ans.

Québec rattrapée par les régions 

Dans la MRC de Drummondville, loin du champ d’influence de Montréal, les prix des résidences unifamiliales se sont accrus de 16,8 % au cours des trois derniers mois de 2020 seulement. Le prix médian : 230 000 $

Dans la MRC de Francheville, qui comprend Trois-Rivières, les maisons se sont appréciées de près de 20 % entre octobre et décembre. Le prix médian : 200 000 $.

Beaucoup de régions ont vu la valeur des transactions exploser en raison d’une demande accrue pour les résidences secondaires de gens de la grande région de Montréal (où les prix ne dérougissent pas).

Dans la MRC de Joliette, le prix médian des résidences unifamiliales a grimpé de 27 % à la fin de l’année dernière, pour atteindre 267 000 $.

Dans les Laurentides, les hausses sont dans les mêmes eaux. Un peu au nord de Saint-Jérôme, dans la MRC Les-Pays-d’en-Haut, le prix médian a atteint 325 000 $.

Rattrapage des régions 

Sur le marché des copropriétés, qui représente le tiers des transactions immobilières de la Vieille Capitale, c’est pire encore. Depuis 2015, le prix médian des unités a baissé au pays de Bonhomme, résultat de mises en chantier excessives.

Selon Joanie Fontaine, économiste chez JLR, les valeurs de l’immobilier en région rejoignent peu à peu celles de Québec. Si la tendance se maintient, mais on ne peut parier là-dessus, un citoyen de Québec qui voudrait vendre sa maison pour s’établir dans les environs de Victoriaville, Berthierville ou Valleyfield ne gagnerait pas au change.

Et dès qu’il s’approchera un peu trop de Montréal, il trouvera la bouchée difficile à avaler !

Quant aux Montréalais qui voudraient s’établir à Québec, ils feront une sacrée bonne affaire.