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Télétravail: plus de restrictions envisagées en Allemagne, le modèle de Legault

Considérée comme le modèle à suivre dans la gestion de la pandémie par le gouvernement Legault, l’Allemagne se prépare à un nouveau tour de vis face à une propagation hors de contrôle du virus. 

Le chef d’État allemand a appelé vendredi à un recours renforcé au télétravail dans les entreprises, une mesure instaurée par Québec pour les employés de bureau depuis le 17 décembre dernier.

«Nous devons réduire les contacts dans le monde du travail [...], cela est plus nécessaire que jamais», a déclaré Franck-Walter Steinmeier (social-démocrate), lors d’une rencontre avec les partenaires sociaux à Berlin.

«Ce n’est pas toujours idéal, mais cela protège avec certitude des infections», a-t-il ajouté, appelant les entreprises à «rendre possible le télétravail».

Près de 25 % des salariés allemands, soit 10 millions de personnes, travaillent exclusivement à domicile, selon une étude du syndicat des entreprises du numérique Bitkom, parue en décembre. Les autorités aimeraient voir augmenter ce chiffre, alors que la crise sanitaire ne faiblit pas dans le pays.

«Chaque entreprise, chaque administration doit vérifier s’il n’est pas possible de faire encore plus de travail à distance», a également estimé vendredi Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière Angela Merkel.

Au Québec, l’augmentation soutenue des cas à l’automne avait forcé la mise en place de mesures strictes, ainsi que l'imposition du travail à distance, et pas seulement pour les employés de bureau: le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, avait imposé le télétravail à l’ensemble du personnel scolaire, «sauf pour exception majeure».

Initialement prévue pour la période allant du 17 décembre au 4 janvier, cette directive a toujours cours en raison de la courbe des cas au Québec, qui a atteint un sommet au début de l’année.

Depuis environ une semaine, depuis l’imposition du couvre-feu, la tendance des cas est à la baisse. Après un pic de 3127 cas quotidiens dévoilé le 9 janvier, le Québec a enregistré plusieurs journées consécutives avec un nombre de nouveaux cas quotidiens oscillant autour de 2000. La province a cumulé près de 239 000 infections depuis le début de la pandémie.

De son côté, l’Allemagne a dépassé vendredi les deux millions de cas enregistrés depuis le début de la pandémie. Le pays le plus peuplé de l’Union européenne a par ailleurs répertorié 22 368 nouveaux cas d’infection ainsi que 1113 nouveaux décès dans les 24 dernières heures.

Réunion de crise mardi

Lors d’une réunion de la direction de son mouvement conservateur, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), la chancelière Angela Merkel a estimé que le virus ne pourrait être contenu qu’avec des mesures nettement durcies.

«Le nombre des nouvelles infections est toujours beaucoup trop élevé», a-t-elle déclaré, jugeant qu’il y avait suffisamment de raisons «pour renforcer encore nos efforts» de lutte contre la pandémie.

Selon les quotidiens «Der Spiegel» et «Bild», la réintroduction de contrôles aux frontières comme au printemps dernier figure parmi les mesures à l’étude, ainsi que la généralisation du port de masques de type FFP2, l’imposition du télétravail, voire même la fermeture des transports publics.

Toutefois, il ne s’agit à ce stade que d’une liste d’hypothèses de travail qui n’ont pas encore été discutées avec les dirigeants des États régionaux allemands.

Or, dans l’État fédéral qu’est l’Allemagne, ce sont au bout du compte eux qui ont la haute main en matière, par exemple, de santé ou de transports publics.

«Les mesures en place actuellement, pour moi ce n’est pas un verrouillage complet, il y a encore trop d’exceptions», a prévenu au cours d’une conférence de presse le président de l’institut Robert Koch, Lothar Wieler.

L’Allemagne a pourtant adopté il y a plusieurs semaines déjà des mesures strictes, de la fermeture des écoles et des lycées, à celle des magasins non essentiels, des bars et des restaurants, en passant par des limitations drastiques des réunions autorisées.

Après avoir été plutôt épargnée par la première vague au printemps, faisant figure de bon élève en Europe, l'Allemagne fait partie cet hiver des États les plus affectés, à la 10e place, selon un décompte de l’AFP.

- Avec l'AFP