/news/law

Un exhibitionniste demande la clémence

Benoît St-Onge lors de son arrivée au palais de justice de Montréal, jeudi.

Photo Chantal Poirier

Benoît St-Onge lors de son arrivée au palais de justice de Montréal, jeudi.

L’ancien professeur de l’UQAM coupable de s’être exhibé devant des jeunes filles pendant des mois a imploré la juge de lui accorder sa clémence, jeudi, de toute évidence dans l’espoir d’éviter un casier judiciaire.

« Je n’aurais jamais touché aux victimes, je ne voulais pas leur faire peur, je sais que je ne referais pas ça. Il fallait que je reçoive une claque sur la gueule, je l’ai reçue », a témoigné Benoît St-Onge, jeudi au palais de justice de Montréal.

St-Onge, 56 ans, était professeur de géographie à l’UQAM quand il s’en était pris à des filles de 12 à 14 ans, en 2018 et 2019. 

Aux guidons de son vélo en se rendant au travail, il passait parfois devant le Pensionnat du Saint-Nom-de-Marie à Outremont. Et à l’occasion, il en profitait pour sortir son sexe et s’exhiber devant les jeunes étudiantes.

Il a été arrêté et en juin dernier, après avoir plaidé coupable d’actions indécentes et d’exhibitionnisme. Il a démissionné de son poste, a-t-il expliqué à la cour. 

Sauf que malgré son crime, il a laissé entendre qu’il demandera l’absolution, ce qui lui éviterait un casier judiciaire. 

Pour ce faire, un accusé admissible doit prouver son « intérêt véritable » à l’obtenir, et prouver que cela ne va pas à l’encontre de l’intérêt public. Et jeudi, St-Onge a longuement fait état de son travail de chercheur, ainsi que le bénévolat qu’il a commencé après son arrestation.

« Je pense avoir fait des contributions à la science. J’espère trouver une voie pour continuer de servir la société », a-t-il dit.

Louanges  

Son épouse, présente à la cour, a pour sa part louangé St-Onge.

« Je ne peux pas croire qu’il va être étiqueté délinquant pour ça, qu’on soit jugé là-dessus, a-t-elle dit. On ne peut pas résumer Benoît à ces gestes. C’était dur, je ne le souhaite à personne, même aux journalistes qui ont sali l’image de mon mari sans le connaître. »

Mais même si St-Onge se targue d’avoir suivi 40 thérapies depuis son arrestation, il semble toujours incapable de dire pourquoi il ciblait en particulier des écolières, d’autant plus qu’il jure qu’il agissait non pas dans un but sexuel, mais pour « l’adrénaline » à une époque où son fils vivait des problèmes.

Cette adrénaline a toutefois eu un coût pour le Pensionnat, qui a dû mobiliser d’importantes ressources pour soutenir les élèves face à St-Onge, qui a sévi pendant un an.

Dans une lettre à la cour, le directeur de l’école a d’ailleurs affirmé que les crimes de St-Onge ont eu un impact important auprès des élèves en créant un climat de peur chez les filles et les parents. Certaines avaient même peur de sortir de chez elles, même les fins de semaine. 

St-Onge reviendra à la cour la semaine prochaine, pour la suite des plaidoiries sur la peine.