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Virus: le Mexique connaît sa semaine la plus meurtrière

Le Mexique vient de connaître sa semaine la plus meurtrière depuis le début de la pandémie de COVID-19, avec une moyenne de 983 décès par jour pendant sept jours, selon les chiffres publiés jeudi. 

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Du jeudi 7 janvier au mercredi 13 janvier, le Mexique a enregistré 6885 décès liés au coronavirus, avec un plafond de 1314 le mardi 12 janvier, indiquent les chiffres publiés par les autorités.

À la date de jeudi, le bilan total de l’épidémie au Mexique était de 137 916 morts et de 1 588 369 cas de contamination.

Les contaminations ont elles aussi atteint un pic au cours de la dernière semaine, avec une moyenne quotidienne de 24 105 nouveaux cas.

Le Mexique est le quatrième pays le plus lourdement touché par le virus en chiffres absolus et le 18e si l’on considère le nombre de morts pour 100 000 habitants, selon une base de données de l’AFP fondée sur les données officielles des États concernés.

Aggravation

Le système de santé du Mexique, pays qui compte 128 millions d’habitants, est actuellement débordé, particulièrement à Mexico où 24 105 personnes sont décédées à la date de mercredi sur une population de neuf millions d’habitants.

Le taux d’occupation des services hospitaliers de la capitale est de 91%, selon le secrétariat à la santé. Mardi, 7013 patients étaient hospitalisés, 1782 d’entre eux étant intubés.

La situation s’aggrave aussi en province. Dans l’État de Jalisco, un foyer de COVID-19 s’est déclaré le 24 décembre dans un établissement pour personnes âgées.

En trois semaines, 13 personnes ont péri, dont 12 résidents et une femme appartenant au personnel, selon la direction de l’établissement, et 64 autres personnes ont été contaminées, dont 46 résidents, 13 membres du personnel et cinq religieuses qui fréquentaient les lieux.

À Mexico, la dégradation de la situation inquiète beaucoup la population. «Nous sommes paniqués, épouvantés, mais il y a beaucoup de gens qui ne comprennent pas. Ils sortent sans masques, ils font des fêtes, ils ne se rendent pas compte de ce qu’ils provoquent», a déclaré Antonio Hoyos, un employé âgé de 55 ans, venu acheter une bouteille d’oxygène pour son fils.

«Nous souffrons parce que nous avons des proches contaminés et eux ils font comme si de rien n’était», a-t-il lancé, alors que deux jeunes passaient près de lui sans masques.

Après une période de stabilisation, la courbe de la mortalité a recommencé à monter fin 2020 et elle accélère en janvier.

Perte de contrôle 

Comme dans d’autres pays, l’assouplissement des restrictions décidé par les autorités et les infractions aux consignes pendant les Fêtes de fin d’année ont mené à cette évolution.

«Depuis fin novembre, on a perdu le contrôle de l’activité sociale et les gens ont commencé à sortir de manière exagérée dans les rues pour faire des achats et d’autres activités qui favorisent la contagion», a déclaré à l’AFP l’épidémiologiste Malaquias Lopez.

Pour lui, la perspective d’une vaccination massive a également eu un impact négatif. «Les gens croient que maintenant que nous avons le vaccin, nous pouvons oublier les dangers; mais la vérité c’est que vacciner va prendre du temps», a-t-il dit.

«Nous n’allons pas avoir un impact important de la vaccination avant longtemps, et d’ici là, beaucoup seront morts», a averti l’épidémiologiste.