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Couche-Tard et Carrefour pourraient devenir partenaires

Malgré le refus «clair et définitif» du ministre français de l’Économie de permettre à Couche-Tard d'acquérir le géant Carrefour, les deux entreprises du secteur de l’alimentation ont annoncé dans un communiqué conjoint, samedi, qu’elles prolongeaient «leurs discussions pour examiner des opportunités de partenariats opérationnels».

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Alexandre Bompard, président-directeur général de Carrefour, a gardé la porte ouverte non pas à un rachat, mais à un partenariat, en déclarant par communiqué que «le partenariat prometteur envisagé avec le leader nord-américain Couche-Tard s'inscrit pleinement dans cette stratégie [de transformation] qui nous a déjà permis de retrouver une voie de croissance rentable».

De son côté, le PDG de Couche-Tard, Brian Hannasch, a déclaré que «les opportunités opérationnelles avec Carrefour nous permettront d'accomplir notre ambition de devenir un leader mondial de la grande distribution».

Si l’idée d’un rachat est hors de question, ces nouvelles déclarations ouvrent la porte à des partenariats intéressants pour Couche-Tard, qui pourrait étendre son emprise sur les marchés européens.

«Les domaines de coopération envisagés sont alignés avec notre plan stratégique, notre engagement à nous renforcer sur nos activités principales comme les formats de proximité et la distribution de carburant, et notre volonté d'explorer les multiples opportunités dans les zones de croissance associées», a ajouté M. Hannasch.

Une offre d’achat mal vue par Le Maire

Plus tôt cette semaine, Alimentation Couche-Tard a révélé avoir «soumis à Carrefour une lettre d'intention non engageante en vue d'un rapprochement amical», c’est-à-dire une offre d’achat s’élevant à près de 25 milliards $ (CAN).

Bruno Le Maire, ministre français de l’Économie, a fait savoir qu’il ne laisserait pas le géant Carrefour filer dans les mains d’étrangers. «Nous ne sommes pas favorables à cette opération, nous le disons avec beaucoup de respect pour Couche-Tard, pour Carrefour et pour tous ces opérateurs qui sont de grande qualité. Et nous avons les instruments juridiques à notre disposition. Je préfère ne pas avoir à [les] employer. J’espère qu’il n’y aura pas besoin de le faire», avait-il déclaré vendredi à l’écran de BFMTV. Rappelons que Carrefour est le plus important employeur privé de l’Hexagone, et avec environ 320 000 employés à travers le monde.

Les lois françaises permettent de bloquer certaines transactions touchant à l’industrie agroalimentaire, en vertu de la réglementation sur le contrôle des investissements étrangers.

Vendredi soir, à la suite des déclarations du ministre Le Maire, les agences Reuters et Bloomberg ont révélé que Couche-Tard avait définitivement renoncé à sa tentative d’achat. Cette tentative d’achat était soutenue autant par Ottawa que par Québec.

«On ne cède pas l’un des grands distributeurs français», avait ajouté Bruno Le Maire à BFMTV.

Alain Bouchard, fondateur et président de Couche-Tard, se trouvait alors à Paris pour des négociations. Pour convaincre ses interlocuteurs, dont Le Maire, il avait promis des milliards en investissements dans Carrefour, ainsi que le maintien de l’emploi pendant deux ans.

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