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Des chirurgiens formés pour mettre des patients sur des listes, dénonce un médecin

Les listes d’attentes pour les chirurgies au Québec s’allongent, mais la pandémie ne fait qu’exacerber un problème qui perdure. 

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Pour le Dr Robert Turcotte, président de l’Association de l'orthopédie du Québec, «la chirurgie est un peu l’enfant pauvre» du système de santé. 

«On a des listes d’attente depuis toujours. Des listes, oui, on y a accordé une certaine attention en voulant limiter les délais, mais l’injection de ressources a été fortement limitée», affirme-t-il. 

Il dénonce notamment que les chirurgies soient davantage valorisées dans les autres provinces. 

«La plupart de mes collègues au Canada opèrent deux jours par semaine alors qu’au Québec, la moyenne est plutôt d’une journée, peut-être une journée et demie par semaine», déplore le Dr Turcotte. 

«Donc on est des chirurgiens formés à grands frais et on passe peut-être plus notre temps à mettre des patients sur notre liste d’attente qu’à les opérer», ajoute-t-il. 

Entre 130 000 et 140 000 patients sont présentement en attente d’une chirurgie, selon le docteur. 

Même si Québec a annoncé l’envoi de renfort dans les hôpitaux, cette aide sera peu utile pour les blocs opératoires, assure Robert Turcotte. 

«Au bloc opératoire, ça peut prévenir que des infirmières du bloc soient retirées pour aller aux soins intensifs ou aux urgences, mais certainement pas que des infirmières de CLSC vont être utiles pour nos patients pour les listes d’attente», soutient-il.