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Pas de retards pour les traitements contre le cancer en Estrie

Le CIUSSS de l'Estrie-CHUS assure être en mesure d’assurer la plupart des traitements des personnes atteintes de cancers, mais la situation pourrait changer si le nombre de cas de COVID-19 venait à augmenter.

«On continue comme c’était avant», a expliqué le Dr Michel Pavic, oncologue au CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

«Chaque jour, nous avons entre 55 et 90 traitements, que ce soit en chimiothérapie ou en immunothérapie», a-t-il poursuivi.

Par contre, pour ce qui est des autres types de rendez-vous, la direction demande aux médecins d'éviter que les patients fréquentent l'hôpital. Deux consultations sur trois se font donc au téléphone, à moins qu’on ait besoin d’examiner physiquement le patient.

Incertitudes

Mais si l'équilibre reste fragile, a avoué le Dr David Fortin, qui est neurochirurgien et neuro-oncologue au CIUSSS de l'Estrie-CHUS. Il s’inquiète particulièrement des effets sur les patients, si la pandémie perdure.

«Jusqu’à présent, nos patients n'ont pas été pénalisés, mais si ça se maintient et ça s'aggrave, éventuellement on sera obligé de retarder les traitements de chimiothérapie»

Déjà, certains patients avec des tumeurs au cerveau ont vu leur chirurgie reportée, faute d’accès au bloc opératoire.

C'est sans parler de tout ceux qui devront attendre des mois pour qu'un diagnostic soit posé.

«C'est sûr que si on ne fait pas de colonoscopie, on ne trouve pas de cancer du côlon. Si on ne fait pas de cystoscopie, on ne trouve pas de cancer de vessie. Donc on attend, on attend jusqu'à ce que ça soit propagé», a reconnu Dr Pavic.

Situation exceptionnelle

Parfois les dommages de ce délestage sont irréversibles, ce qui devrait mener à la réflexion, selon le Dr Fortin.

«Faut réaliser que ce que l’on vit c’est vraiment hors du commun. Moi je suis toujours un peu surpris d’entendre des gens qui vont critiquer la prise en charge, les directives du gouvernement. En fait, tout le monde dans le réseau et dans l’appareil étatique fait ce qu’il peut, avec les informations qu’on a», a-t-il insisté.