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«Pizzagate»: un milliardaire canadien pourra poursuivre Twitter

Cité dans la théorie du complot du «pizzagate», un milliardaire canadien a obtenu le droit de poursuivre le réseau social Twitter, sur lequel étaient hébergés de nombreux messages faisant la promotion de cette invraisemblable conspiration, qui dresse un lien entre un réseau de pédophilie et le Parti démocrate aux États-Unis.

La Cour suprême de la Colombie-Britannique a donné le droit jeudi à Frank Giustra, un proche de Bill Clinton, d’aller de l’avant dans ses démarches judiciaires contre Twitter au pays.

L’entreprise américaine plaidait qu’il serait mieux que l’affaire soit traitée en Californie.

Or, le plus haut tribunal de la Colombie-Britannique a noté que le premier amendement de la constitution américaine, qui garantit la liberté d’expression la plus totale, empêche tout recours contre le réseau social aux États-Unis.

AFP

Tweets diffamatoires

Le juge a également fait mention que la cour provinciale est compétente à statuer sur les dommages et intérêts à verser au riche homme d’affaires de la Colombie-Britannique et que plusieurs tweets diffamatoires avaient été écrits au Canada ou en tout cas y faisait référence.

«La Fondation Clinton, Frank Giustra, Justin Trudeau, tous dans le même lit pour faire la promotion de la pédophilie», peut-on lire dans l’un des messages épinglés par le magistrat dans son jugement.

Persuadés à tort de l’existence du «pizzagate», plusieurs conspirationnistes ont également fait de fumeux parallèles entre Frank Giustra, la disparition de femmes et de filles autochtones au pays, des agressions sexuelles commises en Haïti et une autre théorie du complot qui a gagné les cercles pro-Trump: QAnon.

Toute cette histoire abracadabrante a pris naissance sur internet en 2015 et 2015 dans le cadre de la campagne électorale américaine qui a finalement opposé Donald Trump à Hillary Clinton.

Dans les fameux courriels de la candidate démocrate rendus publics par WikiLeaks, plusieurs opposants ont cru y lire des sous-entendus pédophiles.

Ils sont venus à se convaincre que l’équipe d'Hillary Clinton dirigeait un vaste réseau pédophile à partir d’une pizzéria de Washington.

Frank Giustra s’est retrouvé mêlé à cette fausse nouvelle parce qu’il siège au conseil d’administration de la Fondation Clinton.