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Un organisme communautaire s’oppose au couvre-feu pour les itinérants

Bloc Haltes-chaleur Itinérance itinérants

Photo d'archives

Une exemption du décret du couvre-feu pour les communautés marginalisées a été réclamée samedi par le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM). 

L’organisme communautaire a constaté plusieurs dommages depuis l’application du couvre-feu dans la province, et plus particulièrement en ce qui concerne la santé et la sécurité des personnes en situation d’itinérance.

«Pour plusieurs, les raisons d’être dehors après 20 h, malgré le couvre-feu, sont nombreuses : ne pas avoir de lieu pour s’abriter, ne pas vouloir contracter la COVID dans un refuge, avoir besoin des services d’un site d’injection supervisée (SIS), fuir la violence, etc.», a ainsi fait savoir par communiqué Joannie Veilleux, organisatrice communautaire au RAPSIM.

Depuis le début de cette mesure sanitaire, les personnes sans-abris se cachent et s’isolent pour éviter de subir toute forme de répression, selon les travailleurs et travailleuses de rue du RAPSIM.

Pour autant, cinq constats d’infractions pour non-respect des consignes du couvre-feu ont été remis en moins d’une semaine à des personnes en situation d’itinérance à Montréal.

Et plusieurs cas de brutalité ont également été rapportés à l’organisme communautaire.

«Les organismes ont besoin de l’appui de la santé publique et de fonds supplémentaires, pas d’un couvre-feu qui ajoute plus de pression, de stress et de travail à des équipes déjà surchargées et épuisées», a conclu Mme Veilleux.

En date du 13 janvier, près de 116 personnes en situation d’itinérance et 58 employés de l’organisme ont été déclarés positif à la COVID-19.

Des chiffres qui ne reflèteraient pas l’ampleur de la situation, alors que le dépistage auprès de ces individus est insuffisant selon le RAPSIM.

Une pétition parrainée par la députée péquiste Véronique Hivon a été déposée à l’Assemblée nationale pour la mise en place de cette exemption.