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Obligation de télétravail: des municipalités forcent leurs employés à travailler sur place

Le gouvernement du Québec a beau obliger le télétravail là où c’est possible, n’empêche que des municipalités du Québec forcent leurs employés à se rendre physiquement sur leur lieu de travail.

«On a des syndicats de municipalités qui nous ont dit que c’était l’enfer. Que non seulement les directions de ressources humaines, les directions de municipalités, refusent de mettre en application le télétravail, mais menacent même les travailleurs en leur disant ''si vous ne rentrez pas au travail, en présentiel, bien on risque de couper des postes ou couper votre salaire''», s’indigne Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

M. Létourneau s’étonne d’autant plus de la situation puisque la consigne provient directement du gouvernement et du ministre du Travail, Jean Boulet. 

Ce dernier a même donné le pouvoir à la CNESST d’intervenir auprès des employeurs récalcitrants sur la question du télétravail.

«Dans un contexte non syndiqué [...] après une plainte et un avis de correction, la CNESST pourrait décider de remettre une amende à l’employeur récalcitrant», a réitéré le ministre Boulet. 

Fait surprenant, les milieux pris en flagrant délit sont principalement issus du secteur public et non pas du secteur privé. 

C’est notamment le cas dans le domaine de la santé, entre autres, où les tâches administratives qui ne nécessitent pas la présence physique d’un employé continuent de se faire sur place, cite en exemple Jacques Létourneau.

«Au début de la pandémie, les employeurs étaient réticents à organiser le travail à la maison. [...] Ça s’est un peu amélioré, mais il y a encore quelques résistances», explique le président de la CSN.

L’une des principales raisons pourquoi le problème existe, c’est que les employeurs pensent «que le télétravail est synonyme voler du temps», ajoute-t-il.

M. Létourneau a toutefois précisé que la situation ne représente pas la majorité. 

Selon lui, le télétravail aurait fait un bond important dans la dernière année au pays, passant de 7% à presque 25%. Enfin, les milieux de travail syndiqués semblent mieux respecter la consigne gouvernementale.