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O'Toole cherche à recentrer la position de son parti

Photo d'archives, AGENCE QMI

Fatigué par les attaques libérales et la remise en question des sympathies exprimées par certains membres de son caucus pour Donald Trump, le chef conservateur Erin O'Toole a cherché à recentrer la position de son parti, dimanche.

«Les conservateurs forment un parti conventionnel, modéré et pragmatique – aussi vieux que la Confédération – qui est résolument au centre de la politique canadienne [...] Il n’y a pas de place pour l’extrême droite dans notre parti», a assuré le chef de l'opposition en matinée.

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Les libéraux de Justin Trudeau ont récemment lancé une campagne auprès de leurs membres visant à dépeindre Erin O'Toole comme étant le «Trump du Nord», dans la foulée de la prise d'assaut du Capitole par des militants pro-Trump à Washington.

Les libéraux ont notamment étayé cette thèse en donnant en exemple une photo circulant en ligne qui montre la leader parlementaire des conservateurs arborant une casquette avec un motif de camouflage et l'inscription «Make America Great Again», le slogan de la première campagne électorale de Donald Trump devenu un cri de ralliement de ses partisans.

Notons cependant que cette dernière, tout comme son chef et de nombreux conservateurs, a condamné les violences survenues à Washington et a appelé Donald Trump et ses partisans à accepter le verdict des urnes.

«Si les libéraux veulent me dépeindre comme quelqu’un "d’extrême droite", ils peuvent toujours essayer. Les Canadiens sont intelligents et ils vont voir que c’est une tentative de tromper les gens et d’attirer une part de la peur et de la division que nous avons vues aux États-Unis», s'est insurgé M. O'Toole.

Le politicien a ajouté qu'il est intervenu régulièrement pour défendre l'inclusion des nouveaux arrivants et les droits des minorités, qu'elles soient ethniques, religieuses ou sexuelles.

Erin O’Toole s’inquiète pour la fin de Keystone XL  

Le chef du Parti conservateur Erin O’Toole craint la fin du projet de prolongement du pipeline Keystone XL aux États-Unis.

Plusieurs médias ont rapporté durant la fin de semaine que le nouveau président élu américain Joe Biden annulera les autorisations pour que ce projet aille de l’avant dès son investiture mardi.

«Si c’est vrai, cette décision va dévaster des milliers des familles canadiennes qui sont déjà durement touchées par la crise économique. Il faut une reprise pour tous les Canadiens, partout au Canada, dans tous les secteurs – ce qui comprend le secteur énergétique. Keystone XL est un projet d’importance nationale qui soutient d’innombrables travailleurs des deux côtés de la frontière», a affirmé le chef conservateur par communiqué, dimanche soir.

«Alors que les deux pays doivent se concentrer sur la création d’emplois et le renforcement des relations bilatérales, je presse le premier ministre de communiquer immédiatement avec la nouvelle administration américaine pour empêcher que cela se produise, et de défendre les travailleurs, partout au Canada. Je presse également la nouvelle administration américaine de consulter notre premier ministre et les travailleurs touchés avant de prendre cette décision.», a-t-il ajouté.

Le pipeline censé transporter du pétrole de l’Alberta jusqu’au Texas a été autorisé par l’administration Trump juste avant l’élection. Le président élu Joe Biden a toutefois promis de revenir sur cette décision et de bloquer la construction de l’oléoduc.

Le gouvernement albertain a lui-même un intérêt financier dans la réalisation de ce projet, puisqu’il est copropriétaire de TC Énergie, l’entreprise derrière l’oléoduc.

Il a mis 1,5 milliard $ dans la compagnie, en plus d’une garantie de prêt de plus de 6 milliards $, ce qui signifie que l'Alberta Petroleum Marketing Commission, une société d’État provinciale, s’est engagée à assumer la dette de la construction du pipeline.

Ce projet est depuis le début porté à bout de bras par le gouvernement albertain, mais le fédéral y est aussi favorable.