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Une jeune femme est victime de faux prêteurs en ligne

GEN - KASSANDRA GIROUX VICTIME DE FRAUDE  Kassandra Giroux

Photo Martin Alarie

Une jeune femme de Lachute a perdu 1750 $ aux mains d’un escroc qui se faisait passer pour un prêteur en ligne.

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Sur son site web mario-moreau.ca, le faux prêteur présentait des conditions aussi avantageuses que celles d’une vraie hypothèque avec une banque.

« Il offrait du 2 %, dit Kassandra Giroux, 23 ans. C’était trop beau pour être vrai, mais quand tu veux t’en sortir, tu acceptes n’importe quoi. »

Quand elle l’a contacté, « Mario Moreau » a tout de suite accepté de lui prêter 10 000 $, malgré son mauvais dossier de crédit.

« Vous êtes entre bonnes mains avec moi Kassandra », lui a-t-il écrit en juillet, avant de lui demander 1750 $ en « frais d’activation de la banque ».

« Il m’a envoyé un contrat rédigé par un notaire en France, dit-elle. Je lui ai fait les chèques par virement Interac à une adresse courriel. »

Quand il lui a demandé une autre somme d’argent avant de lui faire parvenir son emprunt, elle a compris qu’elle s’était fait avoir et a porté plainte à la police.

Promettre l’impossible  

En appelant au numéro de téléphone trouvé en ligne sur son site, notre journaliste s’est fait passer pour un client potentiel. L’escroc a assuré qu’il accorde des prêts à aussi peu que 2 % d’intérêt.

« Moi je n’ai pas de problème d’argent, alors c’est juste pour aider ceux qui en ont besoin », affirme sans rire le fraudeur.

Sur la ligne, « Mario Moreau » a un accent d’Afrique francophone, malgré son nom à consonance canadienne-française.

Son site internet, hébergé sur des serveurs français, reprend le marketing des vrais prêteurs en ligne.

« Le prêt personnel en ligne est le meilleur moyen pour avoir un résultat immédiat en cas de problème financier, prétend le site. De plus, votre demande sera complètement gratuite et sans aucun engagement de votre part. »

De tels arguments visent directement des consommateurs vulnérables comme Kassandra Giroux, qui n’ont pas accès à du crédit de qualité, mais veulent quand même de l’argent rapidem (URUBU) ent pour une urgence ou pour se gâter un peu.

De 2016 à 2019, elle a vécu de longues périodes sans emploi causées par des ennuis de santé.

Une autre victime  

Notre Bureau d’enquête s’est entretenu avec une autre victime, qui a demandé à conserver l’anonymat parce qu’elle avait honte d’être tombée dans le panneau du faux prêteur.

« Le 4 et le 5 août, je lui ai transféré 2100 $ pour des “frais d’ouverture de dossier” et d’autres choses encore. Quand il a demandé encore 1200 $, j’ai dit “Ça ne marche pas”, et j’ai juste arrêté de communiquer avec lui », dit-il.

Et ce n’est pas tout...  

Mais son calvaire n’était pas fini. Pour obtenir son prêt, il avait envoyé ses informations bancaires. 

« Ils sont entrés dans mon compte et se sont viré 5000 $ », dit-il.

Rien pour arranger ses finances : lui aussi a eu des problèmes financiers après avoir perdu son emploi à cause de la COVID-19.

Dans un communiqué début novembre, l’Autorité des marchés financiers et l’Office de protection du consommateur mettaient la population en garde contre « de faux prêteurs d’argent, qui utilisent les médias sociaux pour recruter leurs “clients” ».

Le site web en question, mario-moreau.ca, n’est plus en ligne aujourd’hui.

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