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Deux écolières menacées de mort par d’autres élèves à Saguenay

Deux écolières du primaire ont reçu des menaces de mort et des insultes à caractère sexuel par deux autres élèves de l'école Sainte-Claire à Chicoutimi-Nord, lors d’une conversation de groupe qui a complètement dégénéré sur la plateforme Messenger.

«Un couteau ou un exacto pour te trancher la gorge? Oui, je serais "game" d'en amener un lundi dans ma poche de manteau, même dans mon sac à dos. Je l'amènerai à la récréation et ça serait là que tout se passerait. Et si tu es capable d'éviter un coup de couteau ou d'exacto, tu es très forte», a envoyé une élève envers une autre.

La mère d’une enfant envers qui étaient dirigées ces menaces de mort ne comprend toujours pas. «Quand on entend des propos de cette nature-là, tenus par des jeunes, on se demande où ils ont pu aller chercher ça?», s’est demandé Annabelle.

L’autre écolière a été la cible de commentaires à caractère sexuel. «Va sucer ton père et le doigt de ta mère», lui a lancé une autre jeune fille.

«Ça blesse. C'est assez cru et c'est assez violent», a témoigné Julie, la mère dont l’enfant a été intimidée par ces paroles sexuelles. C'est cru. Quand j'ai écouté ça, je me suis dit, c'est impossible. Plus j'écoutais ça, plus j'avais de la rage.»

Annabelle a été renversée par la teneur des propos. «C'était très bouleversant en tant que maman de voir son enfant aussi effondrée.» Le ton des échanges qu’elle a pu lire lui a paru dérangeant. «Elle (une intimidatrice) avait hâte de les voir souffrir lundi matin. De voir la défaite dans leurs yeux. Qu'elle allait leur crever les yeux. C'étaient des paroles tout aussi menaçantes.»

Les deux mères ont porté plainte à la police de Saguenay, mais les deux jeunes filles qui ont entretenu ces menaces sont trop jeunes pour être accusées.

«En bas de 12 ans, les jeunes ne peuvent pas être tenus criminellement responsables de leurs actes, a précisé le porte-parole du Service de police de Saguenay, Luc Tardif. L'information qui va être rapportée par nos policiers va être transmise à la DPJ parce que c'est vraiment eux qui vont prendre ce dossier-là en charge.»

Les deux femmes souhaiteraient que les deux élèves intimidantes aient de l’aide. «Ces deux jeunes filles-là, ce n'est pas pour leur nuire. C'est pour les aider parce qu'on voit clairement qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Elles ont besoin d'aide», a estimé Julie.

Annabelle croit que toute leur famille en a besoin. «Mon but dans tout cela, c'est que les jeunes qui ont commis ces gestes-là soient aidés. Moi, j'aimerais que l'on puisse obliger les parents à recevoir de l'aide.»

Après réflexion, la fille d’Annabelle a changé d'école. «C'est difficile dans un petit local de séparer quatre jeunes. Donc, ça a été notre choix final. Ma fille a dit, maman, je veux changer d'école. Je suis catégorique. Je ne suis pas bien. Je veux tourner la page.»

Annabelle n’en veut pas à l’école Sainte-Claire ni au Centre de services des Rives-du-Saguenay. «Je n'ai rien à reprocher ni à l'école ni au centre de services. Peut-être qu'on n’aurait pas eu à changer d'école si la direction avait eu le pouvoir de dire, lundi matin, personne n'entre dans les jeunes impliqués. Et on mobilise nos ressources pour choisir les mesures nécessaires. Et lundi après-midi, on rencontre ces parents et ces enfants-là avant de rentrer en classe.»

Les deux élèves qui ont proféré les insultes et les menaces sont toujours en classe. Les deux mères croient que ce sont leurs enfants victimes qui écopent encore.

«Pour la sécurité de tous, ça aurait été mieux que les jeunes filles restent à la maison et que nos enfants à nous soient à l'école, a dit Julie. Ce ne serait pas à nous de changer d'établissement parce que les deux intimidatrices sont encore à l'école. De l'intimidation, il faut que ça cesse. Ce n'est pas plaisant pour personne. Personne ne mérite d'être intimidé. »

Le Centre de service des Rives-du-Saguenay a demandé au personnel de l'école d'être plus vigilant en limitant les contacts entre les enfants impliqués. Les parents concernés seront rencontrés et de la sensibilisation sera faite auprès des élèves pour leur expliquer les conséquences que peuvent avoir leurs gestes et leurs paroles.