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Dollarama et Vegpro goûtent à la médecine du ministre du Travail

Quebec

Photo d'Archives, Stevens LeBlanc

La bannière à bas prix Dollarama et l’usine d’emballage de Vegpro de Sherrington ont goûté ces derniers jours à la médecine du ministre du Travail, qui a semé la confusion en s’attaquant à elles. 

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« Contrairement à ce que laissent entendre certaines informations véhiculées dans les médias, Vegpro n’a pas reçu d’ordre de fermeture. Ainsi, toutes les activités de production et de livraison se poursuivent normalement », a dû se défendre Vegpro, vendredi, en catastrophe, après une sortie cinglante du ministre du Travail, Jean Boulet.

Jeudi, le ministre du gouvernement Legault a affirmé, en entrevue au Journal, qu’il s’apprêtait à fermer au plus vite l’usine d’emballage de Vegpro en Montérégie en raison d’une éclosion hors de contrôle.

« Il y aura une signification d’ordonnance de fermeture. En vertu de la loi, la CNESST peut fermer une entreprise dans la mesure où il y a atteinte à la santé et à la sécurité du milieu du travail, et c’est le cas », a-t-il affirmé.

« Il y a un nombre important d’infections. Il faut procéder rapidement. La Santé publique ira de l’avant avec une enquête épidémiologique », a insisté le ministre du Travail, en disant que la fermeture « durera le temps nécessaire ».

Or, vendredi, Vegpro a publié un communiqué à midi pour le contredire et affirmer qu’elle ne fermerait pas ses portes et qu’elle respectait les règles.

« Depuis le début de la pandémie, Vegpro a mis en place les mesures sanitaires recommandées par le gouvernement et la direction de la santé publique.

La santé et la sécurité de nos employés sont ce qu’il y a de plus important pour nous et nous souhaitons qu’ils puissent effectuer leur travail dans un environnement sécuritaire », a déclaré Luc Prévost, vice-président exécutif, ventes et marketing chez Vegpro International.

Dollarama écope

Au même moment, la bannière de magasins à un dollar Dollarama subissait aussi les foudres publiques du ministre du Travail, Jean Boulet, qui a pointé du doigt ses magasins lors de son passage à l’émission À vos affaires à LCN.

« C’est un problème récidivant. Au départ, on faisait énormément de pédagogie et de sensibilisation, mais après ça, on constatait qu’il n’y avait pas de respect du port du masque, pas de respect de la distanciation de deux mètres, à peu près toutes les consignes sanitaires étaient violées », a-t-il dit.

Par la suite, comme Vegpro, Dollarama a dû se défendre vigoureusement sur la place publique.

« Nous sommes très surpris et très déçus d’être visés de cette façon, surtout dans un contexte où nous sommes en communication régulière avec la CNESST et qu’à aucun moment au cours des dernières semaines ces préoccupations et même l’existence de ces constats d’infraction n’ont été portées à notre attention », a soutenu au Journal Lyla Radmanovich, porte-parole de Dollarama.

Contradictions

Vendredi, le cabinet du ministre s’est limité à dire qu’il ne commentera pas davantage le cas de Dollarama, qui a reçu 11 constats d’infraction à neuf magasins des régions de la Gaspésie, de la Yamaska, de Saint-Jean-sur-Richelieu, de Valleyfield, du Saguenay et de la Capitale-Nationale.

Quant à Vegpro, le cabinet a continué à dire hier que ses activités étaient « arrêtées », mais, vendredi, en fin d’après-midi, la CNESST est venue dire l’inverse.

« Les inspecteurs ont constaté aux endroits visités que les mesures de prévention sont en place dans l’usine et les aires communes. Ils ont donc autorisé le maintien de l’ouverture sous des conditions sévères cependant », a précisé la CNESST.

La CNESST est un organisme public sous la responsabilité du ministre responsable du Travail, qui est constituée de sept vice-présidences qui relèvent de la PDG Manuelle Oudar.