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Le chef du SPVQ Robert Pigeon prend sa retraite

Photo Stevens LeBlanc

Robert Pigeon, directeur du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) depuis un peu plus de quatre ans, prendra sa retraite en juin.

Voulant se consacrer à des «projets personnels», l’homme de 61 ans a fait savoir que son plan initial était, de toute façon, de rester un maximum de cinq ans au SPVQ. Son mandat de deux ans à la tête de l’Association des directeurs de police du Québec prendra également fin d’ici l’été 2021. 

Arrivé au SPVQ en août 2015 à titre de directeur adjoint, il dirige le Service depuis novembre 2016. Il était en poste au moment de la tuerie de la grande mosquée le 29 janvier 2017 et de celle du Vieux-Québec, le 31 octobre 2020. Ces deux événements constituent d’ailleurs ses souvenirs les plus marquants, a-t-il admis. 

«Je pars au bon moment après avoir réalisé tous les objectifs que je m’étais fixés. Le train est sur les rails solidement», a laissé tomber M. Pigeon, lundi matin, lors d’un point de presse commun avec Régis Labeaume. 

«En ordre» 

Le directeur a assuré que la nouvelle centrale de police, à Charlesbourg, sera bien inaugurée comme prévu à l’automne 2023. Selon les derniers chiffres connus et confirmés lundi matin, le budget de la réorganisation policière à Québec demeure de 124 millions$. M. Pigeon pense que le principal défi de ses successeurs sera de gérer les multiples interventions policières dans un contexte de multiplication des problèmes en santé mentale. 

Régis Labeaume a qualifié Robert Pigeon de «visage humain du SPVQ, dont la qualité de service est reconnue par la population». Le maire a également vanté «le sang-froid» et «la capacité d’agir» du chef. 

Même s’il a accepté le choix de M. Pigeon, le maire a avoué sa tristesse devant cette situation en rappelant à quel point il appréciait ce directeur «empathique» et «moderne». 

«Je suis triste de son départ. Il part dans un moment où la maison est propre. La maison est en ordre. Je respecte sa décision», a commenté le maire de Québec. Ce dernier a souligné que «ce ne sera pas simple» de remplacer ce directeur de police «qui a du cœur et de l’estomac». 

Diversité 

Le prochain chef devra bien comprendre la nouvelle réalité de la Ville de Québec, qui est de plus en plus métissée. Il devra être «brillant» et bien s’y connaître en matière de cybercriminalité, a insisté le maire. 

Convaincu de l’existence de «racisme systémique» au Québec, M. Labeaume a ajouté «qu’on doit diversifier le membership de la police». Il a évoqué son désir de voir des policiers noirs, musulmans et membres des Premières Nations intégrer le SPVQ. 

Le processus pour remplacer Robert Pigeon sera enclenché rapidement, a-t-on assuré du côté de la municipalité. 

Réactions 

Le départ de M. Pigeon a suscité quelques réactions. Jean-François Gosselin, chef de Québec 21, lui a ainsi rendu cet hommage sur Twitter: «Merci M. Robert Pigeon pour vos loyaux services comme directeur du SPVQ. Bonne chance dans vos futurs projets». 

À la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec, la présidente, Martine Fortier, a avoué sa «surprise» de l’annonce de ce matin. D’après elle, la prochaine direction aura «un gros défi à relever», puisque le SPVQ perdra non seulement son directeur, Robert Pigeon, mais aussi le numéro 2 du Service, Jocelyn Bélanger, qui a récemment annoncé qu’il prendra sa retraite au 1er avril 2021. 

«On perd quand même deux gros morceaux de la direction. La réorganisation policière a été implantée en mai 2020 dans un contexte de pandémie. On ne saura pas si c’est une réussite ou un échec avant de retomber à la normale». 

Souhaitant «une belle retraite» au chef, Mme Fortier a également souligné le fait que «M. Pigeon a été somme toute un directeur accessible et disponible pour ses policiers depuis son arrivée au SPVQ».