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Plus de problèmes de la vue chez les jeunes

Le président de l’Association des optométristes du Québec, Guillaume Fortin, ne manque pas de travail.

Photo Agence QMI, Roger Gagnon

Le président de l’Association des optométristes du Québec, Guillaume Fortin, ne manque pas de travail.

Le nombre de prescriptions de lunettes pour contrer la fatigue oculaire atteint des sommets chez les enfants et les adolescents depuis le début de la pandémie, ce qui laisse présager l’apparition de troubles de la vision chez les jeunes à plus long terme.

« J’ai rarement vu autant d’adolescents à qui j’étais obligé de prescrire des lunettes avec des verres antifatigue avec des foyers, laisse tomber le Dr Guillaume Fortin, président de l’Association des optométristes du Québec (AOC). En fait, je n’en ai jamais prescrit autant dans les derniers mois que dans mes dix dernières années de pratique. »

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« Les optométristes sont débordés », a dit le président de l’AOC au Journal.

Le président de l’Ordre des optométristes du Québec, le Dr Éric Poulin, confirme « une augmentation assez importante des demandes de consultation » pour des examens de la vue.

Chez les plus jeunes

Maux de tête, vision floue ou dédoublée, sécheresse, irritation et douleur aux yeux : les symptômes classiques de la fatigue oculaire liés à l’utilisation excessive des écrans sont chose commune chez les patients adultes depuis quelques années.

Pourtant, dans les derniers mois, des mineurs ont aussi commencé à se plaindre de ces maux et à devoir porter des « verres antifatigue » permettant aux yeux de s’adapter rapidement à une vision de près ou de loin.

« Il y a des jeunes parfois qui avaient de légers problèmes de vision de près qui ne les incommodaient pas. Mais depuis qu’ils ont l’école à distance, ils commencent à se plaindre », fait valoir Guillaume Fortin, également optométriste à la Clinik Optik Maltais, à Jonquière.

Entre l’âge de 5 et 18 ans, le temps d’exposition devant un écran non relié aux études devrait être limité à deux heures par jour.

« On a des enfants qui sont à l’école à la maison, des jeunes de 12-13 ans qui sont devant leur ordinateur plusieurs heures pour les loisirs et pour les cours. C’est trop », signale le spécialiste.

Plus de myopie

Avec l’utilisation accrue des écrans, les optométristes ont noté dans les dernières années une accélération du trouble de la myopie chez les moins de 18 ans.

« Depuis le début du confinement, les enfants ne vont pas beaucoup dehors et sont toujours devant un écran. On a un cocktail parfait pour accélérer le phénomène », prévient l’optométriste et vice-président du groupe Doyle, Karl Brousseau.

La Dre Jahel St-Jacques, optométriste et vice-présidente du groupe Iris, ajoute que « l’enseignement et le travail près de l’écran peuvent aussi accroître les risques d’apparition ou de progression de la myopie chez les jeunes ». 

La solution selon les spécialistes : « aller jouer dehors ».

« Aller à l’extérieur à la lumière du jour, c’est le facteur de protection le plus efficace contre la myopie », résume Éric Poulin.