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Pornographie juvénile: un «justicier du web» trouvé coupable à Québec

Bloc justice

Photo d'archives, Fotolia

En mars 2019, des milliers de fichiers de pornographie juvénile ont été trouvés dans l’ordinateur d’un quinquagénaire qui, pour s’en sortir, a tenté de se faire passer pour un justicier du web. 

Cette explication, le juge Alain Morand ne l’a pas crue et il a prononcé, lundi, un verdict de culpabilité à l’encontre de Dany Rioux.  

Dans le cadre d’un bref résumé, le président du Tribunal a mentionné que les policiers de l’Unité de l’exploitation sexuelle des mineurs se sont d’abord intéressés à Jean-Marc Rioux -qui a écopé d’une peine de 19 mois d’incarcération-, le père de Dany, après qu’ils eurent reçu une information à l’effet qu’un fichier de pornographie avait été transmis à partir de l’adresse des deux hommes.  

«Lors de la perquisition, les policiers ont saisi du matériel appartenant au père, mais également dans la chambre de Dany Rioux, ils ont saisi un ordinateur, une tour et sept disques durs, dont quatre, contenaient plusieurs milliers de fichiers», a rappelé le juge Morand. 

Justicier du web 

Âgé de 52 ans, Rioux a mentionné dans le cadre de son procès être sans travail depuis 2009 en raison d’une dépression et d’une condition d’anxiété chronique. Sur l’aide sociale, il a suivi différentes formations en informatique.  

En 2018, lorsqu’il est «tombé par hasard» sur une image de pornographie juvénile, il a mentionné à la Cour avoir été «choqué» et il a décidé de «trouver les responsables» de cette pornographie plutôt que d’aviser les policiers. 

«Il se sent capable de mener à bien cette mission. Selon lui, aviser les policiers ne donne rien. Ce n’est pas efficace et les auteurs de ces sites réussissent toujours à déjouer les enquêteurs», a noté le magistrat.  

Considérant l’ensemble de la preuve, le Tribunal en est venu à la conclusion qu’il ne croyait pas la version de l’accusé.  

Témoignage invraisemblable

«Son témoignage ne soulève pas non plus de doute raisonnable parce qu’il est invraisemblable, incohérent, contradictoire et contredit par la preuve matérielle irréfutable», a-t-il ajouté.  

L’analyse du matériel informatique de Rioux a révélé que des activités internet reliées à la pornographie juvénile ont eu cours entre 2010 et 2019 et recelait la présence de «quelques dizaines de milliers de fichiers».  

Les policiers ont également retrouvé dans son ordinateur des logiciels utilisés par les délinquants navigants dans le web clandestin qui permette le partage, l’encryptage et l’effacement des fichiers illicite.  

Dany Rioux qui est en liberté reviendra devant la Cour à la fin de la semaine pour connaitre la date à laquelle auront lieu les observations sur la peine.