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Air Canada accusée d’usage discutable de la Subvention salariale d’urgence

Air Canada est accusée par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) d’empocher les montants liés au programme fédéral de subventions salariales « afin d’améliorer son bilan en laissant en plan des milliers d’employés ». 

La Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC) permet depuis le printemps aux entreprises dont la baisse de revenus est importante d’obtenir de l’aide financière de la part d’Ottawa pour payer 75 % du salaire de travailleurs, et ce, jusqu’à concurrence de 847 $ par semaine.

Le beurre et l’argent du beurre 

Le Syndicat canadien de la fonction publique, qui représente les quelque 9000 agents de bord d’Air Canada, déplore les mises à pied, dont les plus récentes ont eu lieu le 13 janvier et ont touché 800 de ses membres. Le syndicat demande plutôt à l’entreprise de se prévaloir du programme de subvention pour les employés inactifs autant que pour ceux qui travaillent toujours. 

« On a créé la SSUC pour que les travailleurs puissent retrouver un emploi lorsque l’économie rebondira. Pourquoi Air Canada refuse-t-elle l’argent qu’on lui offre pour aider les travailleurs qui ont bâti l’entreprise à conserver leur emploi ? » demande le président de la composante Air Canada du SCFP, Wesley Lesosky.

Le Syndicat canadien de la fonction publique accuse le transporteur aérien de vouloir « le beurre et l’argent du beurre » en profitant de la subvention, mais en procédant tout de même à des « licenciements massifs ». 

Plus de 21 000 mises à pied 

Avec les 1900 plus récentes mises à pied, Air Canada estime que sa capacité de vols au cours du premier trimestre sera 20 % de celle de la période correspondante de 2019. 

L’entreprise avait déjà procédé à 20 000 mises à pied au printemps. 

« Les travailleurs qui conservent leur emploi grâce à la SSUC conservent aussi leurs avantages sociaux, ce qui est particulièrement important durant une pandémie », explique le syndicat. 

Air Canada n’avait pas répondu à la demande de commentaires du Journal au moment de mettre sous presse.