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Couvre-feu: l’itinérant décédé craignait de recevoir une contravention

L’itinérant retrouvé mort dans une toilette chimique à deux pas d’un refuge le week-end dernier se serait caché des policiers pour éviter de recevoir une contravention de 1550$ en lien avec le couvre-feu, selon le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM).

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Dimanche matin, les ambulanciers ont constaté le décès de Raphaël André, 51 ans, victime d’un arrêt cardiaque fatal dans une toilette portative située à moins de 50 mètres de l’organisme Open Door, sur le Plateau-Mont-Royal.

En entrevue à TVA Nouvelles, l’organisatrice communautaire du RAPSIM, Laury Braco, a exprimé sa tristesse face au sort réservé à cet homme.

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

«Nous sommes très attristés par ce décès. Nous offrons toute notre solidarité et sympathie à ses proches. En ce qui a trait aux causes du décès, nous attendons plus détails. Mais ce qu’on sait, c’est que l’homme se serait réfugié dans les toilettes par crainte de se faire interpeller par la police et de recevoir une amende pour s’être retrouvé à l’extérieur au moment du couvre-feu. On sait aussi qu’il est décédé à proximité du refuge Open Door, une ressource dédiée aux personnes autochtones en situation d’itinérance. Le refuge était cependant fermé au moment du décès.»

Le RAPSIM croit que M. André aurait pu survivre si la halte-chaleur de l’avenue du Parc avait été ouverte en soirée en fin de semaine dernière.

Raphaël André pouvait aussi craindre d'être arrêté par la police parce qu'il était visé par un mandat d'arrestation après avoir été accusé de menaces. Des faits remontant au mois d'octobre dernier, selon nos vérifications. 

La Santé publique se défend    

La direction de la santé publique de Montréal n’a jamais forcé la halte-chaleur à fermer ses portes en soirée après des cas de COVID au sein de l’organisme. La direction de la santé publique s’est défendue d’avoir pris une telle décision.

«La DRSP n’a pas de pouvoir de fermeture et n'a pas émis d'ordonnance pour la fermeture ni la réduction des heures d'ouverture de l'organisme Open Door. Une recommandation de suspension temporaire de la halte-chaleur avait été émise le 2 janvier et entérinée par le conseil d’administration d’Open Door, afin de gérer l’éclosion au sein de ses usagers et de son personnel, éclosion qui s’est terminée le 11 janvier. L’organisme est autonome quant à ses heures d’ouverture pour ses activités de centre de jour. Au niveau du refuge Open Door, la DRSP de Montréal a émis une recommandation au Service régional d’itinérance le 12 janvier dernier, et partagé au CIUSSS Centre-Ouest de l’Île-de-Montréal, soutenant une possible réouverture de la halte-chaleur de l’organisme si Open Door respecte les directives de mesures sanitaires, à la suite d’une éclosion majeure. Cette recommandation est présentement en cours d’évaluation par le réseau de la santé montréalais», indique la direction de la santé publique.

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