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COVID-19: les organismes d’aide en santé mentale particulièrement occupés

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les organismes qui soutiennent les personnes ayant un problème de santé mentale n’ont jamais été aussi occupés que depuis le début de cette pandémie.

Les jeunes adultes sont particulièrement nombreux à demander de l’aide.

«Quand on a parlé d’éducation dans les dernières semaines, on a plus parlé du primaire et du secondaire. Ça ne veut pas dire que je vous oublie», a ainsi écrit François Legault aux étudiants des cégeps et des universités dans une publication Facebook récente.

Et il a réitéré ce mardi en point de presse sa volonté de permettre aux jeunes adultes de retourner en présence sur les bancs d’école le plus tôt possible.

«Ils se sentent un peu mis de côté, a indiqué Caroline Lalancette, intervenante sociale au centre Le Bouscueil de Roberval. Ils trouvent ça difficile et je pense qu’on ne parle pas assez de leur réalité.»

L’isolement et l’absence de contacts sociaux ont des effets pervers sur leur santé mentale.

«Ils ont de la misère à trouver de la motivation, à mettre en branle des projets parce qu’ils sont toujours en adaptation et ça, ça m’inquiète», a affirmé Mme Lalancette.

Elle estime faire deux fois plus de suivi individuel auprès des 10 à 25 ans depuis que la pandémie bouscule leur quotidien.

«Ce sont, je pense, des jeunes que je n’aurais pas vu passer si on n’avait pas eu la pandémie ou l’école à la maison», a-t-elle souligné.

L’anxiété liée à ce contexte incertain affecte aussi les enfants.

«Quand je vais présenter des ateliers aux 5e année, j’ai eu des professeurs qui m’ont interpelé pour que j’aille dans leur groupe de 3e ou 4e année parce qu’ils ont des élèves anxieux», a expliqué l’intervenante sociale.

La directrice générale du centre de rétablissement Le Renfort d’Alma, Cynthia Tardif, a aussi reçu des appels de parents qui souhaitent que leur enfant, âgé de 10 ans seulement, participe à des ateliers sur l’anxiété.

«On sent vraiment une détresse plus importante», a constaté Mme Tardif.

La pandémie a forcé l’organisme à développer davantage son volet jeunesse.

«On a récemment lancé le mouvement "Moi je reste connecté" sur les réseaux sociaux», a-t-elle indiqué. On a des outils promotionnels, on se déplace dans des écoles, dans les maisons des jeunes, on offre aussi du clavardage avec une intervenante. Il faut aussi nous adapter à cette nouvelle réalité.»

L’organisme s’apprête aussi à offrir ses premiers ateliers de groupe psychoéducatifs axés sur l’anxiété à des jeunes âgés de 13 à 17 ans.