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Demande d'action collective contre Nintendo à cause de manettes défectueuses

Une demande d’action collective québécoise a été déposée vendredi contre Nintendo en raison d’un «vice caché» qui rendrait défectueuses certaines de ses manettes après quelques mois d’utilisation.

«J’ai l’impression de m’être fait avoir [...]. J’ai gaspillé mon argent» raconte Kelly-Ann St-Laurent, 23 ans. 

La jeune femme de Saint-Amable est la représentante d’une demande d’action collective qui a été déposée au Palais de justice de Montréal vendredi. 

La requête décrit un problème qu’ont rencontré de nombreux joueurs avec les consoles Nintendo Switch et Nintendo Switch Lite avec les manettes Joy-Con et Switch Pro. 

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AFP

Remplacements en série

Kelly-Ann St-Laurent jouait à Super Mario Odyssey lorsqu’une de ses manettes Joy-Con s’est mise à boguer. Son personnage se déplaçait tout seul, sans qu’elle n’appuie sur aucun bouton. «Ton personnage va se jeter là où tu ne veux vraiment pas qu'il aille et il meurt», résume-t-elle.     

Le problème se reproduisait lorsqu’elle jouait à d’autres jeux, et même dans le menu principal. Il était devenu pratiquement impossible d’utiliser la console en raison de cette défectuosité, explique-t-elle.  

Entre novembre 2017 et mars 2019, Mme St-Laurent a eu ce problème avec pas moins de quatre de ses manettes Joy-Con ou Switch Pro, qui ont bogué après 5, 11 ou 14 mois d’utilisation. 

La première fois, elle a dû envoyer la manette défectueuse à Vancouver, se souvient-elle. Elle ne l’a reçue réparée qu’après un mois. Trois mois plus tard, l’autre manette de la même paire se mettait à boguer, peut-on lire dans la requête. 

À coup de 90$ ou de 100$ la paire de manettes, elle a dépensé plus que les 400$ que lui avait coûté la console au départ. 

«Avoir su qu’il existait d’autres marques [compatibles], j’aurais payé vraiment moins cher», dit-elle.  

Problème connu

«Pour nous, c’est un vice caché ou de l’obsolescence programmée», dit Me Jimmy Lambert, l’avocat derrière le recours. 

«Imaginez devoir changer votre télécommande de téléviseur tous les sept à douze mois, au coût de 100$», illustre Me Lambert, qui rappelle que la Loi sur la protection du consommateur exige qu’un produit ait une durée de vie «raisonnable». 

Or, le problème des manettes Joy-Con est connu, puisque des recours ont déjà été intentés aux États-Unis.  

La requête demande que chaque personne qui a acheté une console Switch au Québec ait droit à 100$ à titre de dommages punitifs. À cela s’ajouterait un montant compensatoire de 90$ à 130$ pour chaque produit défectueux.

Au moment de publier, Nintendo of Canada n’avait pas répondu à nos questions. 

La demande d’action collective doit encore être autorisée par un juge, mais les membres potentiels peuvent déjà s’inscrire à lambertavocatinc.com/recours-collectif-nintendo.

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