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La prison pour une affaire de sextorsion

Jeff Jorgensen

Photo Pierre-Paul Poulin

L’ancien propriétaire de la Grande roue de Montréal risque jusqu’à quatre ans d’incarcération pour une affaire de sextorsion contre deux hommes d’affaires à qui il réclamait 2,5 millions $ en cryptomonnaie.

« Tu vas payer un prix lourd, la vie ne sera plus jamais la même », avait écrit Jeff Jorgensen à l’une des victimes en 2019, au cas où elle refuserait de verser l’argent pour ne pas qu’il diffuse des images intimes trouvées sur un disque dur perdu.

Deux ans plus tard, les rôles ont toutefois été inversés, puisque c’est l’accusé de 47 ans qui a perdu son emploi, et qui finira assurément en prison pour son crime, qui s’est étalé sur plusieurs mois.

À l’époque, Jorgensen avait mis la main sur un disque dur contenant des images intimes d’un riche homme d’affaires d’Afrique du Nord. Le Montréalais a alors contacté l’homme sous une fausse identité, en réclamant de l’argent.

« Les personnes qui ne coopèrent pas doivent passer au travers d’une vaste honte, via la transmission d’images », indiquait la missive.

S’en est suivie une série de messages menaçants, afin d’inciter l’homme d’affaires à délier les cordons de la bourse. Un autre homme, que la première victime connaît, a reçu des messages similaires.

« [Cette victime] s’est fait menacer en se faisant dire que les photos seraient envoyées à ses collègues, dans [des lieux de culte], des hôtels, des restaurants, des boutiques », indique le résumé des faits de la cause.

Pris malgré tout

Sauf que malgré ses précautions, Jorgensen s’est fait attraper. Et à la suite de son arrestation, il a reconnu sa culpabilité. 

Lors de son retour à la cour mardi au palais de justice de Montréal, son avocat Pierre L’Écuyer a concédé qu’il devait aller en prison. 

Selon lui, une peine de deux ans d’incarcération serait suffisante, entre autres parce que depuis son arrestation, Jorgensen a beaucoup perdu.

L’avocat a cité en exemple que son client avait dû vendre à perte ses parts dans la Grande Roue de Montréal.

La Couronne, de son côté, réclame quatre années d’incarcération, en soulignant qu’il s’agissait d’un crime largement prémédité et que Jorgensen semble plus s’inquiéter des conséquences du crime sur lui-même plutôt que sur les victimes, selon un rapport du tribunal.

La juge Mélanie Hébert rendra sa décision le mois prochain.