/news/faitesladifference

Les citoyens du Québec servent-ils de cobayes?

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Parce que beaucoup de gens meurent de la COVID-19 au Québec et parce que la transmission communautaire est difficile à contrôler, le gouvernement Legault a décidé, dans sa stratégie de vaccination, de ne pas respecter les protocoles des compagnies pharmaceutiques qui ont mis au point les vaccins, d’aller contre les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé et contre celles de Santé Canada.

Il a, en effet, décidé d’offrir une deuxième dose du vaccin dans un délai pouvant aller jusqu’à 90 jours après l’injection d’une première dose, soit plus de 4 fois le délai prescrit pour le vaccin Pfizer (21 jours) et plus de 3 fois le délai prescrit par Moderna (28 jours). 

Tout en admettant que nous n’ayons aucune information sur la durée totale de l’immunité provoquée par la première dose et aucune information sur le pourcentage de protection contre la COVID-19 passé un délai de 42 jours après la première injection, nos dirigeants se félicitent d’avoir, jusqu’ici, « vacciné » plus de 127 000 personnes au Québec (en date du 15 janvier 2021). Or, les protocoles d’utilisation des vaccins de Pfizer et de Moderna exigent l’injection de 2 doses. Recevoir une seule dose n’est donc pas être vacciné. Cela étant, nos dirigeants assurent surveiller la situation de près.

Traitement du cancer

Maintenant, on sait que, au Québec, beaucoup de gens meurent du cancer annuellement. La Fondation québécoise du cancer* a publié, en mars 2020, qu’on prévoyait qu’environ 56 800 Québécois recevraient un diagnostic de cancer et 22 400 personnes en mourraient en 2020. 

Indéniablement, le cancer est un fléau mortel qu’il faudrait contrôler. Reprenons donc la logique de nos dirigeants. Pourquoi ne pas réduire de moitié les traitements administrés aux personnes atteintes de cancer de façon à « soigner » le plus rapidement possible un plus grand nombre de patients ? 

Bien sûr, ces patients pourraient souffrir davantage et peut-être, on ne sait pas vraiment, qu’il y aura une plus grande mortalité parce que les traitements seraient réduits de moitié. Cela étant, le nombre de personnes traitées serait doublé et nos dirigeants, qui, sans doute, surveilleraient la situation de près, pourraient se vanter du succès de la stratégie québécoise de traitement contre le cancer. 

Miser sur la chance plutôt que la science

Cette application de la logique de la stratégie québécoise de vaccination contre la COVID-19 à d’autres maladies peut sembler ridicule. Mais, si on se rappelle que le gouvernement Legault, en prolongeant le délai entre les deux injections du vaccin au-delà de ce qui est recommandé, mise sur la chance plutôt que sur la science, ce n’est pas si ridicule après tout. 

En effet, si, actuellement, nos dirigeants acceptent de risquer nos vies en refusant de suivre le mode d’emploi des vaccins contre la COVID-19, pourquoi s’arrêteraient-ils en si bon chemin ? Après tout, les citoyens du Québec ne sont-ils pas des cobayes au service de l’État ? C’est bien ce qu’il semble. 

* Fondation québécoise du cancer, sur le site fqc.qc.ca/fr/information/le-cancer/statistiques, dernière mise à jour en mars 2020.  

- Lynn Cleary

Biologiste retraitée

Lévis

Votre opinion
nous intéresse.

Vous avez une opinion à partager ? Un texte entre 300 et 600 mots que vous aimeriez nous soumettre ?